Femmes dirigeantes : une difficile progression vers le sommet

Ministre, maire, directrice d’office, DG ou tout simplement chef de service, de plus en plus de femmes s’installent dans la haute hiérarchie, mais les a priori persistent. Le plus difficile reste le changement des mentalités.

Meriem Bensalah, Zoulikha Nasri, Amina Benkhadra, Fatim-Zohra Mansouri, Mounia Boucetta, Dounia Taarji…Elles ont un point commun : elles occupent, ou ont occupé, des postes de responsabilité qui, il y a peu, étaient la chasse gardée des hommes. Patronne des patrons, ministre, maire de ville, directrice d’office ou membre de comité de direction, beaucoup ont réussi à briser le plafond de verre. Cette féminisation des cadres dirigeants touche aussi le gouvernement puisque six femmes ont pu hériter de postes ministériels. Une petite performance pour éponger les critiques de «l’oubli» du gouvernement de 2011.

Il est clair qu’au Maroc quelques pas ont été réalisés pour ce qui est de la promotion de la femme, sans qu’il y ait une réglementation pour pousser dans ce sens comme dans les pays d’Europe du nord (Suède, Danemark …) ou en France  où la loi relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance et à l’égalité professionnelle du 27 janvier 2011 impose une proportion de femmes dans les conseils d’administration ou de surveillance. Mais il y a encore des progrès à réaliser. Il y a lieu de constater que la femme ne représente que 15 à 20% de l’encadrement dirigeant de la place, selon Essaid Bellal, DG du cabinet Diorh. A son avis, il faudrait au moins arriver à 30% ou 40% dans l’encadrement. Fatalement, on y arrivera un jour, sachant que la femme marocaine est de plus en plus instruite et, dans une classe d’âge donnée, réussit mieux ses études que l’homme.
Pour certains métiers,  

 

le crédit de confiance accordé à la femme reste faible

En somme, on se dirige tant bien que mal vers plus de représentativité des femmes au sommet des entreprises et des administrations. Mais le plus difficile reste le changement des mentalités. Dans une société patriarcale aux croyances bien ancrées, difficile de faire admettre à un homme de recevoir des ordres d’une femme. De plus, les responsabilités familiales -même si la jeune génération commence à s’émanciper de ces charges- leur laissent moins de temps pour gérer leur carrière (voyages professionnels limités, réunions tardives peu tolérées, déjeuner et dîner professionnels mal vus…). Dans les métiers considérés comme masculins, le crédit de confiance qui leur est accordé est inférieur à celui qui revient à l’homme.
Cependant, il y a lieu de se rassurer! Quand ce manque de crédit se transforme en énergie et en volonté de réussir, la femme se montre très efficace.