Femmes dirigeantes : Avis d’Essaid Bellal, DG du cabinet Diorh

Pour un poste de top management, une femme
a une chance sur dix d’être recrutée.

La femme cadre creuse son sillon dans l’entreprise parce qu’elle a acquis beaucoup de compétences. Elle a retourné la situation en sa faveur du fait que son image a changé. C’est ainsi que pour certains postes et dans beaucoup d’activités et d’entreprises, le recrutement des femmes est privilégié. Elles exercent des métiers jusqu’alors réservés aux hommes: elles sont ingénieurs, informaticiennes, commerciales, juristes… Elles occupent différents postes à différentes échelles parce qu’elles travaillent plus, sont de plus en plus diplômées, plus engagées et plus fidèles (leur turnover est moins élevé). Il en a fallu du chemin pour qu’on en arrive à ce stade. Néanmoins, il reste encore beaucoup à faire. En somme, nous pouvons dire que pour des postes moyens, le problème de l’acceptation ne se pose pas, mais il en est autrement pour certains postes de responsabilité. Il y a lieu de constater à ce propos que les femmes cadres ou dirigeantes ne représentent que 15 à 20% de l’encadrement dirigeant de la place. Pour un poste de top management, une femme a une chance sur dix d’être recrutée.

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Le problème relève d’abord du rôle de la femme dans notre société. Dans l’imaginaire collectif, sa place est à la maison. Mariée ou non, l’essentiel du travail domestique lui revient. Dès lors, elle est moins disponible que l’homme. En général, la femme ne peut travailler à des heures tardives ni sacrifier les week-ends pour assumer des charges professionnelles. Tout ceci est encore plus difficile si elle est mère de famille.
C’est pourquoi dans les métiers considérés comme masculins, le crédit confiance pour la femme est souvent inférieur à celui qui est accordé à l’homme. Cependant, il faut se rassurer ! Quand ce manque de crédit se transforme en énergie et en volonté de réussir, la femme est plus efficace. On doit ajouter que la mondialisation, la concurrence et les attentes de plus en plus accrues des actionnaires font que nous regardons beaucoup plus les compétences d’une personne, et ce, peu importe son sexe ! C’est même une tendance mondiale. Nous ne pouvons pas ramer à contre courant.