Faut-il manager par le consensus ?

La décision rassemblant le plus grand nombre de personnes est préférable. Le consensus à tous les coups n’est cependant pas recommandé car un patron doit parfois prendre ses responsabilités.

Gérer c’est décider. Mais tout manager qui choisit de ne se fier qu’à lui-même court le risque d’aller droit dans le mur. L’une des raisons est que mieux une décision est partagée par l’ensemble des collaborateurs, plus elle a les chances d’être mise à exécution avec toutes les chances de réussite. D’où la nécessité d’être parfois consensuel.

La recherche du consensus est un processus qui présente plusieurs avantages, aussi bien pour le manager que pour les équipes, même si l’adhésion de l’ensemble des collaborateurs n’est pas toujours facile à obtenir. Plus que cela, il s’agit d’un  véritable acte de courage, sachant qu’un dirigeant a souvent du mal à voir ses idées, ses certitudes, être remises en question. C’est le prix à payer pour qu’une décision aboutisse aux résultats espérés parce que chacun se l’approprie.

Le contexte détermine la recherche d’un consensus

Selon les managers que nous avons interrogés, il est évident que le consensus a sa place dans la prise de décision, mais pas toujours. Susciter l’intelligence collective demande du tact, beaucoup de tact. «Cela requiert de la maturité de l’équipe, une certaine objectivité, de l’impartialité et de la rationalité, la disponibilité, de même qu’il dépend du niveau d’engagement des uns et des autres», fait  remarquer Youssef Jermoumi, DG du cabinet Upvalis.

Tout peut aussi dépendre du contexte. Dans des situations de crise où une décision doit être rapidement prise, il est risqué de demander l’avis de tout le monde car la survie de l’entreprise en dépend.

Il est donc souhaitable que le leader prenne ses responsabilités et fasse appliquer rapidement et sans faiblesse les décisions appropriées, en penant juste le soin de bien les expliquer. En dehors de ces situations exceptionnelles, la décision collégiale, celle qui rassemble le plus grand nombre d’intervenants, est préférable. L’implication permet en effet de motiver les collaborateurs et de leur donner gôut au travail.