Expatrié un peu perdu !

J’ai été expatrié récemment au Maroc pour prendre en charge une équipe importante, dans un contexte assez difficile de perte de parts de marché et de restriction budgétaire. Je pensais que c’était ça mon vrai défi mais je me trompais, car la plus grande difficulté pour moi est bien de COMPRENDRE la culture locale et toutes ses finesses.
Je trouve qu’il y a un climat de méfiance à  mon égard, d’interprétation hà¢tive et beaucoup de susceptibilités et j’en viens à  passer la majorité de mon temps à  essayer de slalomer entre toutes ces complexités. J’avoue que je suis fatigué…

Ah ! ces fameuses «spécificités culturelles» qui, au lieu de nous enrichir et de nous permettre d’avancer plus vite nous ralentissent et… appauvrissent la qualité de nos relations avec «cet» autre.

Don’t assume

Même si nous nous défendons, nous avons tous quelques idées arrêtées sur «les populations», presque une tradition que de parler de la rigueur allemande, la créativité des Italiens ou encore l’aspect «râleur» des Français… Et si cela peut «animer» certaines soirées, cela a un effet redoutable sur les relations et notamment dans un contexte professionnel. Aussi, commencez par déconnecter certains «fils» et vous poser la question si ce climat de méfiance n’est tout simplement pas dû à un contexte PROFESSIONNEL bien précis et non CULTUREL.
De plus, vous avez peut être commis des maladresses -sans le vouloir- qui ont eu un impact sur votre équipe : ont-elles un lien avec des spécificités culturelles ou sont-elles simplement dues à une erreur managériale ? En creusant cette idée, vous aurez peut être plus de chance de trouver la BONNE cause du problème et donc la BONNE solution…

Vous avez dit spécifique ?

Il n’existe pas de culture plus «locale» qu’une autre, elles le sont toutes… par définition.Par contre, ne pas connaître les spécificités d’une culture peut effectivement rendre très complexe votre «immersion».
Je me souviens d’un expatrié qui me disait qu’au bout de cinq ans passés dans notre pays il n’avait toujours pas eu d’amis marocains, et qu’il vivait «en vase clos» avec d’autres expatriés comme lui. Or, comment réellement connaître une culture sans aller à la rencontre des personnes qui l’incarnent ?
Alors, si ce «sujet» reste un mystère pour vous, rapprochez-vous d’une personne avec qui vous pourrez en discuter ouvertement et qui vous donnera quelques «clés» très simples pour désamorcer et surtout éviter facilement certains malentendus.
C’était un coach Carnegie qui me disait souvent «if you don’t know, just ask», eh oui, si vous ne savez pas, et vous ne comprenez pas certaines «réactions», posez tout simplement la question ! En faisant cela, vous comprendrez mieux et plus vite mais aussi démontrerez votre réel souci de respecter «l’autre» et de ne pas le froisser ! Ainsi, vous aurez certainement désamorcé les idées préconçues qu’il avait (peut-être) lui aussi à votre égard en tant qu’expatrié….

Bâtir la confiance

Gagner la confiance des autres ne se fait pas en quelques jours et encore moins avec quelques «astuces superficielles» et compliments encore plus «creux» auxquels personne ne croit : elle s’établit à la longue.
Vos enjeux sont importants? La situation est difficile ? Dites à votre équipe ce que vous attendez d’elle, faites-la rêver par une vision audacieuse et claire, soyez équitable, transparent, ne jugez pas les comportements dans VOTRE prisme culturel: préférez évaluer les résultats, démontrez votre impartialité et le respect que vous portez à leurs compétences en écoutant leurs suggestions…jusqu’au bout.
Vous resterez (et le devez !) vous-même, mais après cette expérience vous vous serez enrichi de «notre culture locale», faite, certes, de contradictions et de finesse mais qui est surtout riche et généreuse à qui sait la découvrir !