Expatriation en Afrique : Entretien avec Sophia Sebti, DG du cabinet Batenborch International Maroc

Au-delà  du poste et de son package, les entreprises qui se démarquent dans l’attraction et la fidélisation des talents savent mettre en place un dispositif global et d’accompagnement individuel des expatriés et de leur famille.

L’attrait pour l’Afrique n’est toujours pas évident pour beaucoup de cadres. Il doit être travaillé par les entreprises si elles veulent attirer les talents. 

L’expatriation, bien conçue et bien vécue, peut être une expérience de vie marquante. Le cabinet Batenborch International Maroc accompagne de nombreuses entreprises notamment dans le cadre de leur politique de recrutement de hauts potentiels dans les pays africains. Sophia Sebti, DG du cabinet, met en avant les principaux points à respecter.

On observe un fort intérêt pour l’investissement en Afrique, pensez-vous que les cadres marocains sont attirés par le continent ?

Il est difficile de répondre de manière globale à cette question. Il y a un attrait intellectuel certain chez beaucoup de cadres marocains. L’Afrique est présentée comme la nouvelle frontière, le continent du futur, la terre des opportunités. Les médias et les incitations gouvernementales poussent dans le même sens et créent une atmosphère dans laquelle «l’Afrique» est omniprésente et parée des atouts de la croissance, du développement. Le Maroc a un rôle de pionnier, d’éclaireur à jouer qui est valorisé et valorisant.

Cependant, «l’Afrique» est un terme assez vaste. En fonction des pays, le quotidien est très différent. Ainsi, des cadres attirés par le développement économique de certains pays (Côte-d’Ivoire), par la proximité religieuse (Sénégal), par la proximité linguistique (zone francophone) peuvent être rebutés par les problématiques de sécurité, sanitaires, environnementales ou linguistiques d’autres pays. 

L’attrait n’est donc pas évident pour beaucoup. Il doit être travaillé par les entreprises si elles veulent attirer les talents. 

L’expatriation, bien conçue et bien vécue, est une expérience de vie unique et marquante. Batenborch International Afrique fait tout pour assister ses clients à aider leurs hommes clés à vivre cette expérience le mieux possible.

 

Y a-t-il des secteurs ou des domaines d’activité qui attirent le plus ?

Les cadres sont attirés par des perspectives de carrière intéressantes. Les entreprises qui proposent des parcours au collaborateur, qui font confiance en valorisant l’apport du cadre à un projet et prennent en compte ses compétences comportementales ont de plus en plus leurs faveurs, au Maroc comme à l’expatriation. 

Ces atouts peuvent se retrouver dans plusieurs secteurs. Maintenant il est vrai que les candidats recherchent aussi des entreprises capables de leur proposer des postes intéressants au retour. L’expatriation est souvent perçue comme un tremplin.

 

Pour des groupes déjà installés sur place, comment peuvent-ils attirer ces cadres à travailler dans ces pays ?

Les leviers d’attraction sont multiples. La perspective de carrière et de rémunération n’est pas suffisante. C’est une perspective nécessaire, la condition même de considération de l’expatriation. Cependant, l’entreprise doit répondre aux objections, aux craintes les plus souvent exprimées ou ressenties par les cadres et leurs familles. L’attraction ne se fera qu’au prix d’un plan global proposant des solutions de sécurité, de confort, de vie familiale… 

Au-delà du poste et de son package, les entreprises qui se démarqueront dans l’attraction et la fidélisation des talents savent mettre en place ce genre de dispositif global et d’accompagnement individuel des expatriés et de leur famille. Batenborch International Afrique propose un dispositif complet de préparation en amont et d’aide à l’accompagnement sur place à travers un réseau de partenaires au Maroc et dans certains pays et en direct.

 

Quels sont les écueils à éviter quand on s’expatrie ?

S’expatrier c’est un choix de vie complet pas uniquement professionnel. J’oserais dire que la dimension professionnelle est rarement la cause de l’échec d’une expatriation. Le talent qui choisit l’expatriation doit, comme dans tout projet, se préparer minutieusement. Sa famille doit adhérer en amont et être un soutien. Quitter sa maison, son cadre familial, ses amis, ses habitudes est un moment difficile. Les premiers temps sont souvent compliqués et peuvent provoquer une perte de repères chez l’expatrié qui doit gérer son installation, son nouveau poste et sa famille. 

Se préparer, faire le tour de tous les points à traiter avec la DRH (package, école des enfants, prise en charge des soins de santé, identification des établissements médicaux de qualité…) est essentiel à la tranquillité d’esprit, à la sécurité. Une cellule dédiée, à l’écoute, disponible et réactive est nécessaire. Batenborch International Afrique intervient aussi dans ce cadre lors du suivi du candidat.

La responsabilité de l’entreprise dans une expatriation va donc au-delà de son salarié. 

D’un point de vue professionnel, l’intégration des pratiques locales est essentielle. Le management interculturel prend tout son sens. Pour communiquer efficacement, s’assurer que ses directives sont comprises et exécutées et que les besoins des collaborateurs, clients et fournisseurs locaux sont bien adressés, le talent expatrié doit remettre à plat certaines de ses croyances et habitudes de management. Là encore, conscients de cet écueil, nous avons sélectionné pour nos clients des formations inter-culturelles pertinentes et pragmatiques dans le milieu professionnel.

Pour réussir son retour, l’homme clé doit aussi garder à l’esprit le maintien de son réseau au Maroc.