Etre salarié dans un organisme à  but non lucratif : Avis de Samira Abderrahim, Chargée de projet et responsable de formation dans une ONG

Le sentiment d’être utile pour la société passe avant le salaire.

Le marché marocain enregistre une dynamique au niveau du recrutement dans les métiers de développement. Cette dynamique est la résultante de l’évolution de la société civile et l’intérêt croissant des organisations non gouvernementales internationales pour la région de l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient (MENA).

Néanmoins, pour réussir une insertion professionnelle dans le domaine du développement, il faut au préalable mener une expérience dans le domaine associatif. La fibre bénévole et associative permet ainsi de développer un réseau relationnel, mais aussi de mieux comprendre les contraintes et l’environnement de militantisme associatif.

Autre atout nécessaire, la maîtrise des langues (arabe, français, anglais, espagnol…). Plus le candidat en maîtrise, plus il est éligible pour postuler à des postes liés aux métiers du développement. La dimension linguistique est capitale compte tenu de la diversité des interlocuteurs, des populations cibles des programmes et aussi pour gérer le contact avec les partenaires internationaux.

Au niveau des salaires, un débutant démarre généralement avec un minimum de 5 000 DH nets et les profils de directeurs exécutifs et des chargés de programmes atteignent le seuil de 20 000 DH nets. Le salariat dans les métiers de développement est un mix entre le cœur et la mission. En d’autres termes, le niveau du salaire n’est pas le seul critère. Il faut au préalable être sensible aux causes de l’ONG et sa mission.

Outre l’expérience associative et le multilinguisme, le candidat doit disposer de connaissances en comptabilité et en communication. Cependant l’aspiration à une carrière brillante et à un salaire conséquent ne sont pas les premières motivations lorsqu’un candidat postule pour un premier emploi au sien des ONG. Les motivations pour travailler dans une Ong sont multiples : fierté de contribution à la communauté, courage dans l’accomplissement des missions, volontariat… Avant de penser à la rémunération, on a d’abord le sentiment d’être utile à la société. Je suis convaincue que le marché marocain va enregistrer, à court terme, une forte demande des profils de développement parce que les pouvoirs publics sont de plus en plus convaincus que la société civile contribue activement à combler le déficit social à travers les différentes régions du pays et aussi grâce à l’intérêt croissant des Ong internationales pour la région du Maghreb.