Et si vous vous faisiez coacher ?

Pour découvrir ses facettes inutilisées ou insuffisamment exploitées, le coaching est de plus en plus prisé.
Coopération complète du coaché, professionnalisme du coach, les deux conditions essentielles pour ne pas perdre son temps et son argent.
Il en coûte de 800 à 4 000 DH de l’heure, selon le type de prestations.

Vous voulez donner un coup de fouet à votre carrière ? Améliorer votre communication et votre leadership ? Mieux gérer votre équipe ? Négocier un nouveau virage professionnel ou intégrer un environnement multiculturel ? Pas de doute, vous avez besoin d’un coach. Le coaching, pratique venue des Etats-Unis et du monde sportif en général, déferle sur l’entreprise. La démarche est aujourd’hui perçue comme un véritable métier d’accompagnement nécessaire à l’adaptation au changement, bien qu’elle soit encore méconnue du grand public. Si plusieurs formes de coaching existent (interne ou externe, collectif ou individuel), il est utile de souligner que cette pratique ne remplace pas un apprentissage ou un conseil. Le coaching est un moyen de découvrir des facettes inutilisées ou insuffisamment exploitées de son propre potentiel. A quelle occasion et dans quel contexte peut-on y avoir recours ? Comment choisir son coach ? Quel bénéfice en tirer ? Nous avons posé la question à des spécialistes du domaine ainsi qu’à des personnes coachées qui se sont livrées sans détour.
Toute opération de coaching s’organise en plusieurs étapes. En amont, il s’agit de définir les attentes réelles du coaché, son objectif général. Cette étape est importante dans la mesure où elle aura pour rôle de déterminer le type de coaching à mener. Si le cadre vit un problème interpersonnel, une crise sociale dans l’entreprise ou un changement de stratégie, il aura dans ce cas besoin d’un coaching opérationnel centré sur la situation. En revanche, si le coaché doit faire face à une nouvelle responsabilité, ou encore s’il désire développer l’affirmation de soi, renforcer ses capacités à diriger ou à communiquer, le coaching sera alors centré sur le développement personnel.
Une fois les attentes définies, le coaching peut commencer. Il consiste en une série d’entretiens de trois heures, en moyenne, à raison de deux à trois séances par mois. Le coach est là pour guider, il sert de catalyseur. «La démarche doit être structurée. Il convient d’établir des objectifs par séance afin d’analyser l’impact des séances précédentes et voir les points d’avancement», souligne Youness Bellatif, DG du cabinet Convergence et président de la toute récente association Maroc Coaching. Cet exercice ressemble parfois à un jeu de poupées russes. «Au fur et à mesure de l’avancement, on peut toujours identifier un objectif plus important que celui qui était supposé être le principal au départ», note Hassan El Kholti, manager dans une entreprise informatique.
Autre point délicat : se mettre à nu devant le coach, une personne que l’on connaît à peine. «C’est toujours délicat de déballer ses failles devant un inconnu», souligne Omar El Kindi, consultant coach certifié. Il convient à ce sujet de préciser que, comme pour une séance de psychanalyse, le coaché doit dévoiler ses préoccupations et problèmes, parler de ses faiblesses, pour permettre au coach de l’aider.

La finalité du coaching n’est pas de donner des solutions sur mesure
Mais il convient surtout de garder en tête que la finalité de la prestation n’est pas de donner des solutions sur mesure. C’est plutôt une assistance qui permet d’accéder à la meilleure expression de ses capacités managériales. «Il doit pouvoir faciliter l’expression, la réflexion et la recherche de solutions par le bénéficiaire», précise M. Bellatif. Cela se fait par un échange sans tabou.
Si une personne peut librement décider de se faire accompagner par un coach, la décision peut aussi être encouragée par son employeur, ce qui est de plus en plus fréquent. Dans ce cas, Mimoun Dkhissi, DG de mi.moon Top Management, souligne que «l’intéressé ne doit pas sentir ses qualités managériales remises en cause. Au contraire, le coaching est un signe que l’entreprise souhaite investir en lui afin qu’il puisse développer ses compétences».
Qu’apporte le coaching en fin de compte ? Pour beaucoup, il donne du recul, permet une accélération de la prise de décision, une meilleure connaissance de soi et de son environnement. De manière générale, le coaching permet de développer un certain nombre de qualités, entre autres la réactivité, l’écoute, la précision dans les prises de décisions et la sérénité (voir témoignages en p. 35).

Interrogez-vous sur le parcours du coach avant de signer
Cependant, le coaching n’est pas la panacée. Il peut être porteur de réussite, notamment si la démarche s’appuie sur certains principes déontologiques et éthiques, insistent les coachs. Il peut se solder par un échec si certaines conditions ne sont pas respectées. Ainsi, ce cadre d’un établissement public en a fait les frais. «Mon ex-coach s’est permis de porter des jugements sur d’autres personnes qu’il coachait dans la même entreprise. Du coup, j’ai préféré arrêter les séances», note-t-il.
De ce fait, le choix du partenaire compte beaucoup. En effet, n’importe qui peut s’autoproclamer coach. Ici comme ailleurs, aucun cadre légal ne définit la profession. D’ailleurs, la discipline s’étend à divers domaines. Dans les pays occidentaux, par exemple, on sollicite un coach pour maigrir, changer de look, mieux s’habiller, avoir une vie sentimentale plus gaie, éduquer ses enfants… Entre le charlatan qui veut juste se remplir les poches et le bon professionnel, il est donc difficile de faire la part des choses. C’est aussi la raison pour laquelle les prix varient en fonction du prestataire, de son éthique et de la région. Selon la Fédération francophone du coaching (FFC) région Maroc, les prix pratiqués par les professionnels varient entre 800 et 1 500 DH l’heure pour le coaching de vie (personnel). En entreprise (professionnel), l’heure est facturée entre 2 000 et 4 000 DH.
Pour le choix du coach, le bouche à oreille reste la meilleure solution pour ne pas se faire avoir. «Le coaché doit obligatoirement savoir à qui il a affaire. Formation de base, expérience en matière de coaching mais aussi type de posture et de déontologie à laquelle il adhère», souligne M. Bellatif. «Un bon coach est celui qui sait poser les bonnes questions», note Mimoun Dkhissi. Mais ce n’est pas tout. Au-delà du bagage, le choix du coach, c’est aussi une question de feeling .

Le coaching est une démarche structurée : il faut établir des objectifs par séance afin d’analyser l’impact des séances précédentes et voir les points d’avancement.