Essaid Bellal : «La tendance révèle que l’on donne de moins en moins de poids aux diplômes»

Essaid Bellal, DG du cabinet Diorh.

La Vie éco : Est-ce que les entreprises accordent plus d’importance aux autodidactes, notamment depuis le début de la crise ?

Ce n’est pas le cas pour les entreprises publiques, qui, comme vous le savez, opèrent selon des conditions de recrutement déterminées par des règles et des droits. Lesquels consistent notamment en le niveau d’études, le type de formation ou d’école… Au sein du privé, cela dépend de la nature des structures : il y a une différence entre les entreprises structurées dont l’actionnariat est composé d’investisseurs de divers horizons et les affaires familiales. Les entreprises structurées accordent une importance moindre aux autodidactes par rapport aux entreprises familiales. Les autodidactes sont plus présents dans les domaines techniques que dans les départements «général» ou «administratif». Précisons qu’il existe deux types d’autodidactes : ceux qui n’ont pas de diplôme et n’en cherchent pas, et ceux qui arrivent à se faire vendre parce qu’ils ont réussi à en avoir, en plus de l’expérience accumulée.

Le diplôme est donc incontournable pour accéder à certains postes…

La tendance à terme révèle que l’on donne de moins en moins de poids aux diplômes. Les recruteurs sont de plus en plus à la recherche des compétences réelles des candidats : ce qu’ils savent faire. Pas besoin d’avoir de grands diplômes, il suffit de savoir qu’ils peuvent donner de bons résultats. Toutefois, la réalité est plus nuancée.

Qu’en est-il de la formation diplômante dans l’entreprise ?

Malheureusement, elle ne s’est pas encore généralisée. A mon sens, ce sera la tendance dans le futur. D’autant plus qu’aujourd’hui nous sommes dans un environnement où l’on prend le moins de risques. Et puis, nous sommes influencés par le modèle français dans lequel une grande importance est donnée aux diplômes.