Entretien de recrutement : Avis d’Ali Serhani, Consultant au sein du cabinet Gesper Services

« Je porte mon attention sur tout ce qui est comportemental, surtout sur la capacité de réaction »

Les entretiens de recrutement portent généralement sur le savoir, le savoir-faire et le savoir-être des candidats. Pour ma part, je porte mon attention sur tout ce qui est comportemental, à savoir la capacité des candidats à gérer des situations particulières, leur façon de communiquer, leur comportement en équipe…
Il est clair que certaines questions peuvent déstabiliser les candidats, le plus souvent quand elles concernent les informations du CV. Car il ne faut pas oublier qu’en la matière, il y a ceux qui sont arrangés pour valoriser les parcours et les autres, «truqués», où les candidats s’inventent carrément des parcours. Pour traquer les fraudeurs, on va jusqu’à multiplier les entretiens et les sources pour s’assurer de la véracité d’un CV. Un exercice pas facile. Enjoliver ses expériences ou passer sous silence une période d’inactivité est parfois très tentant. Nombreux sont les candidats qui succombent à cette pratique, soit qu’ils évitent de clarifier certains éléments de leur CV, soit, plus rare, qu’ils mentent effrontément sur une ou plusieurs de leurs expériences.

En plus, l’expérience des recruteurs fait que l’on arrive à déceler rapidement si le candidat triche ou pas. Nous connaissons assez bien les écoles de la place, le fonctionnement des entreprises pour pouvoir savoir si les candidats disent la vérité sur leur parcours ou non. Il y a un peu de flair aussi.  
D’autres questions peuvent également concerner la vie privée des candidats, chose que peu d’entre eux souhaitent aborder comme le fait d’avoir des antécédents judiciaires, des problèmes interpersonnels, d’addiction à l’alcool et aux drogues…

Pour moi, un entretien doit être détendu pour permettre aux candidats d’être plus ouverts à la discussion. Dès fois, on laisse imaginer que l’entretien est terminé et poser des questions par la suite, à bâtons rompus, pour sortir en quelque sorte des questions fermées. Car le plus souvent, les candidats ne sont pas assez préparés à ces séances fatidiques et, du coup, restent toujours sur leurs gardes et peu disposés à la communication.

Cependant, les candidats expérimentés se prêtent volontairement au jeu. En revanche, les jeunes lauréats qui débarquent sur le marché de l’emploi manquent de tact.

Je pense qu’il y a un effort à faire au niveau de l’enseignement. Pourquoi pas réaliser des simulations d’entretiens, et ce, afin de permettre aux futurs cadres de mieux se vendre sur le marché de l’emploi ?