Entreprenariat : les leçons des polytechniciens

L’association s’emploie à  encourager et libérer l’entreprenariat et l’innovation pour affronter le défi de l’emploi. L’investissement dans la recherche est encore faible.

Dans les dix prochaines années, 1,3 million de personnes devront arriver sur le marché du travail. A ce rythme, ce sont près de 350 000 chômeurs qui seront sur le marché à l’horizon 2020. Or, cette problématique ne peut se résoudre que par la création d’emplois. Certains secteurs comme l’industrie ou l’agriculture sont en perte de vitesse alors que l’administration publique ou encore les BTP sont confrontés à des problématiques de restructuration. Le ton a été donné d’emblée lors du colloque de X-Maroc, l’Association des polytechniciens marocains dont l’idée a été d’encourager et de libérer l’entreprenariat et l’innovation pour affronter le défi de l’emploi.

My Hafid Elalamy, ministre de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique, a ouvert l’événement par une petite leçon de management. Pour lui, la prise du risque et le droit à l’échec sont importants pour un entrepreneur. Sans cela, il vaut mieux ne pas l’être. L’entrepreneur doit également se méfier de la tendance de «l’embourgeoisement», ce qu’il appelle le syndrome d’accoutumance.

Le travail indépendant est une solution pour les pays à bas revenus

Pour sa part, David Robalino lead, économiste à la Banque mondiale, a estimé que «le travail indépendant est, pour les pays à revenus bas, l’une des sources les plus importantes d’emplois et que 60% de la population mondiale travaillent indépendamment».

Sur la question de l’innovation, Mohamed Kabbaj, président de Lafarge Maroc et président d’honneur de X-Maroc, a estimé également qu’une part importante doit être allouée à la recherche et développement, qui à aujourd’hui ne dépasse pas les 0,8% du PIB alors que la moyenne mondiale est de 2%. Il propose ainsi de pérenniser ces investissements par la mise en place d’une taxe sur les importations. Enfin, le plus important est d’aider la société marocaine à faire épanouir les vocations et pourquoi pas aider les jeunes à découvrir leurs talents.