Entreprenariat en Afrique : le diagnostic du CJD International

Une enquête de CJD-LMS montre que 5% des 2 030 personnes sondées ont déjà  créé leur entreprise. Lenteur administrative, manque d’informations, manque d’aide…, les maux sont similaires dans tous les pays.

Tâter le pouls de l’auto-entrepreneuriat en Afrique pour mieux l’encadrer et l’encourager à éclore, tels sont les objectifs de CJD International. A cet effet, l’association a réalisé, de janvier à avril 2012, une étude sur l’auto-entrepreneuriat au Maroc en partenariat avec le cabinet LMS ORH.

Cette étude a été menée auprès de ressortissants d’une quinzaine d’autres pays d’Afrique du Nord et subsaharienne. Elle complète une autre qui a été menée uniquement sur une cible marocaine afin d’avoir une vision plus large de l’entrepreneuriat dans le continent africain.

L’étude a porté sur 2 030 individus composés de 79% d’étudiants dont 18% d’actifs en poste et 3% d’actifs à la recherche d’emploi. L’échantillon est composé de 70% d’hommes et de 30% de femmes.
Il en ressort que la création d’entreprise reste faible dans le continent africain. Seulement 5% des personnes sondées ont déjà créé leur propre entreprise.

Sur les 95% restants, près de 90% qui n’ont pas encore créé leur entreprise souhaitaient franchir le pas et les 10% restants avouent ne pas être sensibles à l’entreprenariat. Cette étude a révélé que le Sénégal arrive en tête avec 11%, devant le Niger (10%), le Cameroun et Tunisie (9%) et l’Algérie (7%). Le Maroc arrive à la 6e position ex æquo avec le Mali et la Mauritanie (5%). Le Royaume est respectivement talonné par le Madagascar et le Djibouti (4%),le Burkina Faso et le Congo (3%), le Tchad (2%), le  Togo, le Benin, les Comores et Dubaï avec 1%.

L’inexpérience comme frein principal à l’entrepreneuriat

L’étude a révélé que l’accès au financement est un obstacle majeur commun à tous les pays africains (63%). 17% déplorent le manque d’aide et  12% la lenteur des démarches administratives.
Malgré les efforts au Maroc et au Sénégal, 6% des interrogés ont pointé l’inexpérience comme frein à l’entrepreneuriat tandis que 3% sont découragés par les barrières linguistiques. Ces obstacles une fois solutionnés auraient encouragé 94% de ceux hésitants à franchir le pas de l’auto-entrepreneuriat.
Sur un autre volet, les personnes sondées ont exprimé leur préférence pour certains secteurs notamment le commerce, la vente et les franchises (30%) ainsi que la logistique et la distribution (25%). Les TIC, la formation et le conseil arrivent en troisième position avec 20%.

Par ailleurs, Zakaria Fahim, président du CJD International, a présenté le bilan du salon Hub Africa, qui s’est tenu du 5 au 7 avril 2012 à Casablanca. Plus de 4 207 personnes venant d’une quinzaine de pays d’Afrique, d’Europe et du Golfe arabe ont fait le déplacement. Près de 60 conférences et ateliers animés par plus de 80 experts et plus de 17 thèmes traités.