Enquête sur l’emploi : ce que veulent les jeunes diplômés marocains

Les jeunes plébiscitent le secteur financier et veulent travailler dans de grandes structures pour un salaire élevé dès le départ. Internet reste le principal canal de recherche d’un emploi. Le groupe OCP a la préférence des jeunes.

Pour la deuxième année consécutive, le portail de recrutement Amaljob a mené une enquête sur l’emploi des jeunes. Plus élargie, cette enquête a concerné un échantillon de 7 056 étudiants et jeunes diplômés contre 1 284 l’année dernière (3 092 individus de sexe féminin et 3 964 de sexe masculin). L’objectif a été, encore une fois, d’évaluer la perception du marché du travail marocain de ces jeunes lauréats de l’enseignement supérieur, leurs besoins, leurs attentes, ainsi que les conditions de leur insertion professionnelle.
Plusieurs volets sont abordés, entre autres le secteur et la nature des entreprises visées, la durée de recherche d’un emploi une fois le diplôme obtenu, les critères  de choix des entreprises à prospecter ainsi que les attentes des jeunes diplômés par rapport au marché du travail. Les enquêteurs ont également tenté de mieux cerner le profil des jeunes en soulevant des questions sur leurs activités extra scolaires ou professionnelles (sports ou distractions préférés, vie associative, politique et culturelle) et leur intérêt pour la presse.
Cette étude peut permettre aux entreprises d’avoir une idée sur les attentes des jeunes et, partant, de mieux concevoir leurs offres d’emploi. Elle confirme, en outre, pour l’essentiel la tendance observée en 2010. Par exemple, internet reste l’outil principal pour chercher un emploi. Cela devrait se renforcer au cours des prochaines années eu égard à l’augmentation du taux de pénétration des technologies de l’information et de la communication, qui constitue maintenant le média préféré des jeunes.
Ainsi, 65% d’entre eux recourent aux sites des entreprises pour rechercher un emploi. Ces portails facilitent la recherche d’autant qu’ils donnent la possibilité de collecter des informations sur l’entreprise, de prendre connaissance des postes à pourvoir, et d’identifier les interlocuteurs à contacter, notamment pour le dépôt des candidatures spontanées que 47% de l’échantillon a effectué au moment de la recherche d’un emploi. Donnée importante : les jeunes sont plus tentés par le contact direct avec les entreprises. Ils ne sont en effet que 42% à passer par les portails de recrutement qui offrent pourtant plusieurs facilités comme le dépôt gratuit des C.V. et un choix plus large d’offres d’emploi.
Par niveau de fréquence, les jeunes diplômés passent également par les cabinets de recrutement (40,91%), la presse (36,26%), l’Agence nationale pour les promotions des emplois et des compétences (31,91%), le réseau personnel (26,17%), les forums et salons de l’emploi (24,22%) et le réseau des anciens diplômés (en général, ce sont les diplômés des grandes écoles de commerce et d’ingénieurs qui sont organisés en association). Les réseaux sociaux comme Viadeo et Twitter attirent par ailleurs 22,12% des enquêtés.
Notons, en sens inverse, que les entreprises optent de plus en plus pour l’e-recrutement. Elles sont conscientes que, grâce à Internet, elles peuvent toucher dans un bref délai des groupes cibles considérables, à des coûts beaucoup moins élevés que la presse ou le recours à des cabinets de recrutement.
Pour ce qui est des domaines d’activité privilégiés des jeunes diplômés, l’étude fait ressortir une forte préférence pour les secteurs banque/Bourse/assurances, informatique/télécoms, et commerce/distribution. En revanche, les secteurs chimie/pharmacie et santé/social n’attirent pas vraiment de convoitises.  De même, très peu de jeunes diplômés sont intéressés par le tourisme, qui offre pourtant beaucoup d’opportunités. Il reste que le secteur séduit peu parce qu’en général les possibilités de promotion y sont considérées comme limitées, et les emplois offerts peu intéressants, surtout pour les Bac +4.
 

78% des personnes interrogées voudraient se mettre à leur compte

Non seulement les secteurs visés sont parmi les plus modernes, mais les jeunes veulent aussi travailler dans les entreprises de taille respectable. C’est ainsi que 40,85% de l’échantillon ciblent les grandes entreprises et 29,67% les multinationales. Seulement 12,33% sont tentés par un parcours dans l’administration et 15,15% par les PME.
Autre élément marquant, les jeunes veulent gagner beaucoup dès le départ. Plus de la moitié des enquêtés annonce des prétentions salariales de 8 000 DH à l’embauche.
Ils savent cependant que les entreprises sont très sélectives et cherchent des personnes opérationnelles dès le départ. La preuve, le manque d’expérience est considéré par 55,83% des sondés comme le premier obstacle à l’emploi. Le type de contrat proposé n’est évoqué que par 26,46% d’entre eux, et une formation inadaptée par 12%.
L’entreprenariat attire également les jeunes diplômés. Ils ont été 78,60% à vouloir créer leur propre entreprise. Ce qui est tout à fait appréciable dans un environnement où l’absence d’esprit d’initiative est constamment décriée. Beaucoup ont donc soif d’autonomie professionnelle et financière, mais la réalité et la complexité des démarches à entreprendre les rattrapent bien souvent.
Enfin, l’étude comprend le palmarès complet des 50 groupes préférés des pré-actifs et de leurs filiales. Le groupe OCP a largement la préférence des jeunes en occupant la première place, suivi de Maroc Telecom puis du groupe CDG. Viennent ensuite Renault Maroc, l’ex-Ona (fusionnée avec Sni), BMCE Bank, l’ONE, Royal Air Maroc et Meditelecom.

 

 

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