Emploi : les banques parmi les plus grands recruteurs du pays

Depuis quelques années, l’effectif du secteur bancaire est en croissance pour s’établir à  plus de 39 000 personnes à  fin 2012. Les postes de front-office sont
les plus recherchés actuellement.

Pas moins de 2 000 recrutements sont réalisés chaque année dans le secteur bancaire. Ce dernier figure en effet parmi les premiers recruteurs du pays. Entre les opérations de rajeunissement des effectifs, la course effrénée à l’ouverture d’agences et l’émergence de nouveaux métiers, les chances de trouver un emploi dans le secteur bancaire et d’y faire carrière se sont multipliées. D’autant plus que le secteur est encore loin d’atteindre sa vitesse de croisière. Le taux de bancarisation étant faible, la marge de croissance du secteur est encore significative. Depuis quelques années, l’effectif du secteur est en croissance pour s’établir à plus de 39 000 personnes à fin 2012.   D’après les statistiques de Bank Al-Maghrib, ils étaient 37 200 à fin 2011 avec des prévisons de recrutement de plus de 2 100 personnes lors de 2012.

Ainsi, le nombre d’agents est passé de 4 786 à fin 2010 à 5 113 à fin 2011 (rapport Bank Al-Maghrib 2011), soit une progression de 6,8%, ce qui représente un guichet pour 6 300 habitants. Cette progression s’explique par l’engagement des banques dans de nouveaux chantiers liés au développement des systèmes d’information et de gestion des risques, en relation notamment avec l’évolution de la réglementation comptable et prudentielle et les nouvelles exigences en matière de contrôle bancaire et par l’expansion de l’activité bancaire tant sur le plan local que sur le plan international. D’ailleurs, les états financiers de quelques banques qui ont publié leurs comptes indiquent un accroissement sensible des effectifs. Ainsi, l’effectif d’Attijariwafa bank est passé de 6 826 à fin 2011 à 7 090 à fin 2012, soit une progression de 3,8%. Ceci dit, ces chiffres ne nous renseignent pas sur les recrutements réalisés puisqu’en même temps il y a eu des départs.
Idem pour le groupe Banque Populaire (BP) qui a connu un accroissement de ses effectifs de l’ordre de 3,2%, en passant de 2 371 en 2011 à 2 448 à fin 2012. Pour sa part, l’effectif du Crédit immobilier et hôtelier (CIH) est passé de 1 465 agents à fin 2011 à 1 531 agents à fin 2012, soit une progression de 4,5%.

Concernant les recrutements, les groupes affichent de grandes ambitions. Le groupe Banque Populaire, qui a enregistré sur les cinq dernières années une moyenne annuelle dépassant 600 recrutements, compte maintenir le cap pour recruter entre 1 500 et 2 000 personnes durant la période 2012-2014 (lavieeco.com). Idem pour le Crédit Agricole du Maroc (CAM) qui table sur 900 collaborateurs sur cette même période, dont plus de la moitié est dédiée pour le réseau. Les autres banques envisagent en moyenne entre 150 à 300 nouveaux collaborateurs même si beaucoup d’entre elles misent sur la mobilité interne, étant donné la conjoncture actuelle.

Les banques recherchent principalement des diplômés Bac+2 et Bac+4

Il faut souligner également que les banques cherchent à renouveler leurs ressources humaines. Les recrutements interviennent aussi pour «faire face aux départs naturels pour la retraite», explique Meriem Idrissi Kaitouni, directrice du pôle capital humain du Crédit Agricole du Maroc. Ainsi, l’âge moyen du personnel du CAM devrait passer de 43 ans actuellement à 40 ans en 2014.
Etant donné le rythme élevé d’ouverture de nouvelles agences, il n’est pas étonnant de voir que les postes de front-office sont les plus recherchés actuellement. Ce type de poste représente 80% des besoins futurs des banques. Celles-ci recrutent régulièrement des conseillers clientèle pour les particuliers ou la gestion de patrimoine.

Autre domaine qui recrute et manque même de candidats : le contrôle. «Avec la crise, l’évolution des réglementations…, les besoins dans les métiers du contrôle se sont accrus au sein des banques et des établissements financiers : compliance, contrôle interne, déontologie, risques… Des postes ouverts aux titulaires d’un diplôme juridique (axé sur le monde bancaire), en comptabilité-finance ou encore d’un master en finance de marché, par exemple», explique Chama Cherradi, consultante senior recrutement au sein du cabinet Diorh. On recrute également des auditeurs, des comptables et, à un moindre degré, dans les fonctions supports (marketing, communication…). Enfin, les fonctions opérationnelles type back ou middle office peuvent encore offrir des possibilités sur certains produits. Au passage, pour occuper ces postes de front-office, les banques recherchent principalement des diplômés Bac+2 et Bac+4, de formation économique ou de gestion commerciale. Quant aux critères âge et sexe, ils restent secondaires car ce qui prime avant tout, ce sont les dispositions professionnelles, la capacité d’intégration et l’éventuelle expérience, soulignent les experts. Côté canaux, on exploite aussi bien les circuits classiques que l’internet pour séduire davantage de candidats. Mais l’outil le plus privilégié reste la participation aux salons de recrutement, notamment à l’étranger. «Ces contacts se traduisent souvent par des recrutements et des offres de stages, un bon indicateur par ailleurs de l’attractivité», rapporte à cet effet Mme Cherradi.

En termes de formation, la concurrence entre banques fait aussi rage. Les unes et les autres tentent de se démarquer en proposant des cursus qui permettent aux débutants prometteurs d’atteindre le statut de cadre au bout de quelques années. Pour Mme Idrissi Kaitouni, «la prise en charge des candidats se fait dès les premiers jours de recrutement  avec la mise en place d’un plan d’intégration conçu en étroite collaboration avec le manager de l’unité d’accueil».
Reste le salaire. Pour les employés, le personnel de service, les gradés et assimilés, le secteur est régi par la convention collective signée par le GPBM (Groupement professionnel des banques du Maroc) et l’Usib (Union syndicale interbancaire). Le salaire est basé sur un nombre de points par échelle auxquels on applique un coefficient. Pour les cadres, il relève d’une relation contractuelle avec la direction. Si le contenu de la convention est public, chaque établissement a cependant sa recette et peut proposer un plus pour convaincre un candidat à la rejoindre. Mais le secret est bien gardé. Presque tout le monde utilise une formule consacrée : «La politique salariale repose sur l’équité interne et la compétitivité externe».