Emploi des handicapés : Avis de Chantal Aounil, Responsable recrutement chez Bil Consulting

IIl est clair que le handicap pénalise bon nombre de candidats dans le recrutement.

Le monde du travail n’est pas encore préparé, que ce soit au niveau des infrastructures ou au niveau des mentalités. Malheureusement, l’exclusion commence dès le jeune âge chez les personnes handicapées. Lorsqu’elles souffrent d’un handicap moteur, elles n’ont aucune accessibilité pour accéder à l’éducation. Les préjugés persistent encore. Depuis longtemps dans la société, on a isolé les trisomiques dans des centres spécifiques. Ce qui développe chez eux un esprit d’incapacité mentale et d’infériorité. Pourtant, les salariés handicapés sont, la plupart du temps, nettement plus motivés que leurs collègues valides. Ils s’investissent énormément dans leur travail, possèdent l’esprit d’équipe, s’intègrent vite, car un emploi leur donne l’opportunité de trouver leur place dans la société, d’avoir des responsabilités, d’être utiles. Même à compétences égales, ils ont très peu de chance de s’intégrer dans le monde du travail. Pour ma part, il est vrai que j’ai eu peu de candidats qui ont des handicaps moteurs (c’est-à-dire une paralysie partielle d’un membre) à proposer aux clients. Personnellement, ce genre de handicap ne me dérange pas du moment que la personne a les compétences nécessaires pour occuper le poste. D’ailleurs, je ne le signale même pas au client. D’un autre côté, je n’ai pas observé de refus de la part des entreprises si ce n’est lorsqu’il existe des contraintes liées aux métiers physiques. D’habitude, je suis attentive aux accès chez les entreprises clientes pour voir si l’environnement est propice à les accueillir.