Emploi au Maroc : Avis de Hicham Lakhmiri, DG du portail amaljob.com

« Le contexte actuel ne permet pas de formuler avec certitude des prévisions optimistes ».

De manière générale, le marché de l’emploi est très tendu. On constate une disparité entre l’offre et la demande d’un point de vue qualitatif et quantitatif. Pour exemple, certains secteurs ne jouissent pas d’une bonne image auprès des candidats comme l’agriculture, l’artisanat ou encore les centres d’appel, pourtant réputés être de grands recruteurs.
A l’image du marché de l’emploi, notre activité a connu une baisse durant cette période et nous pouvons constater d’ores et déjà que les profils les plus demandés restent ceux liés à la fonction commerciale : responsable commercial, chef de vente, chargé d’affaires, ou liés à la finance : contrôleur de gestion, responsable financier. Le contexte est aussi très concurrentiel pour les entreprises qui souhaitent capter des profils de techniciens, d’ingénieurs et de chefs de projets expérimentés dans l’industrie et l’informatique, encore trop peu nombreux sur le marché.

Je dirais que le domaine des énergies renouvelables ou encore celui de la logistique connaît une bonne perspective en matière de ressources humaines. Toutefois, les formations menant à ces domaines doivent répondre réellement aux besoins des entreprises. Les secteurs les plus demandeurs sont la distribution et l’industrie.
Les entreprises du BTP/génie civil peinent aussi à recruter des profils adéquats. Pour sa part, le secteur touristique passe par des moments difficiles, et on a assisté ces derniers temps à une vague de licenciements.

Il est vrai que les recruteurs sont devenus de plus en plus exigeants : en plus des compétences techniques, c’est l’expérience professionnelle dans le même domaine du poste à pourvoir, voire des qualités personnelles (adaptation, réactivité, autonomie, initiative, sens du résultat, esprit d’équipe, capacité à travailler en mode projet), qui sont recherchées. Mais c’est tout à fait normal car les besoins en recrutement sont de plus en plus précis, et l’employeur cherche à optimiser son recrutement par des profils immédiatement opérationnels. De plus, les temps d’adaptation aux postes sont de plus en plus réduits, et les exigences en termes de résultat de plus en plus élevées.
Le contexte actuel ne permet pas de formuler avec certitudes des prévisions optimistes. Il faudrait au moins qu’il y ait une politique claire en matière d’emploi  proposant un programme cohérent et clair pour que le reste puisse suivre n