E-learning : Avis de Hatim Benyoussef , Professeur universitaire

Il faut mettre des garde-fous pour que
ces formations soient remboursables

L’idée du baromètre avait pour objectif au départ d’avoir des tendances en matière de pratiques du e-learning, les modes de formation utilisés, les difficultés rencontrées…, mais aussi de suivre ces tendances tous les 2 ans. C’est une deuxième édition qui a permis néanmoins de dégager quelques constats. Je rappelle que l’enquête a été menée entre février et avril 2014 pour le compte des assises des technologies de la formation, tenues à Al Akhawayn en mai dernier. L’échantillon comprend les réponses de 140 responsables (DG, DRH, DSI…) d’établissements de formation, écoles, universités, administrations publiques et entreprises privées.

Cette deuxième édition a permis de constater que le taux des répondants qui utilisent de manière régulière (100%) les formations à distance a baissé de 8% par rapport à celle de 2012. Cette baisse s’explique en partie par le regain d’intérêt pour les formations Blended. De ce fait, le mode présentiel reste toujours de mise, même s’il est complété par des sessions à distance. D’un autre côté, l’utilisation du e-learning a sensiblement augmenté. Ainsi, 67% des répondants l’utilisent depuis plus de deux ans contre 52,94% en 2012.

En ce qui concerne les freins à son développement, il est établi que l’investissement de départ est assez important et qu’il fait reculer plus d’un. Malheureusement, le marché de la e-formation est constitué principalement d’opérateurs étrangers, et donc, il n’existe que peu d’offres locales. Les contenus sont souvent standards et il faut débourser davantage pour avoir du développement spécifique.

Le premier frein concerne la subsistance de fortes résistances au changement. Culturellement, les individus ont toujours ces habitudes de vouloir interagir avec leur formateur, partager les expériences, sortir du cadre habituel du travail pour souffler…

Autre frein mis en avant, les difficultés à maintenir dans le temps la motivation des apprenants mais également la difficulté de concilier entre temps de travail et temps de formation.

Le baromètre a permis également de dégager les principales motivations des répondants. Parmi ces motivations, on note la volonté d’impliquer les apprenants dans une pédagogie active, le déploiement rapide des formations à un public plus large ou encore la réduction des coûts de formation.

Enfin, je pense que, de manière générale, le e-learning reste un atout pour développer des compétences liées à l’apprentissage tout au long de la vie. Si le remboursement de ce type de formations n’est pas encore à l’ordre du jour, je pense que des solutions peuvent être mises en place afin d’assurer une traçabilité totale derrière. Le fait d’avoir des formations tutorées peut en effet leur donner plus de crédibilité quant à leur efficacité.