Droits de l’homme dans l’entreprise : Avis de Jamal Belahrach, Président de la commission emploi à  la CGEM

« Il est impératif de passer à  un pacte social qui garantira les droits élémentaires des salariés ».

Le fait d’installer un dialogue social entre le patronat et les partenaires sociaux a été plus que salutaire, non seulement pour transcender la problématique des droits de l’Homme mais surtout pour instaurer une confiance et une croissance qui va permettre une dynamique positive. Il faut dire aussi que la relation entre le patronat et les partenaires sociaux est passée par plusieurs étapes, ce qui a fait que le dialogue social est devenu plus structurant.

Déjà en 2011/2012, il a été question, dans un premier temps, de mettre en place un dispositif pour la gestion des conflits afin de limiter les grèves. C’est une première étape qui a marché. Ceci dit, il faut redoubler d’effort pour le faire connaître et sensibiliser davantage les entreprises sur ce dispositif. Ensuite, il y a eu un deuxième round social pour formaliser une feuille de route commune afin d’aller vers un pacte social.

Ceci dit, il y a des préjugés qu’il faut mettre de côté. Ce n’est pas en signant un pacte qu’on va taxer les partenaires sociaux ou les patrons de «vendus». Si le pacte social devient nécessaire, c’est pour montrer aux investisseurs nationaux ou internationaux que les deux parties peuvent travailler en confiance. Cela veut dire que la refonte sociale telle que nous l’imaginons aujourd’hui résulte d’une conviction et non d’une obligation. Ce n’est pas un discours conjoncturel.
Au sein de la CGEM, nous estimons que la démarche est irréversible dans la mesure où les partenaires sociaux sont importants pour un partenariat durable. Si justement on n’arrive pas à mettre en place un dialogue, il est évident que l’entreprise marocaine aura affaire à un moment donné à un problème de démocratie sociale.

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Ceci dit, il y a beaucoup de travail à accomplir, ne serait-ce qu’en matière de respect des droits fondamentaux des individus au sein de l’entreprise, bien qu’il soit mentionné dans le code du travail. Très souvent, lorsqu’on entend les doléances des salariés, on trouve que celles-ci ont pour objet le non-respect du code du travail. C’est pourquoi un travail profond doit être entamé aussi bien par le patronat que par les partenaires sociaux dans son ensemble.

Pour conclure, il me semble que la question des droits de l’Homme en entreprise doit être inscrite sur le long terme. Quel modèle social voulons-nous ? Comment l’inscrivons-nous ? Et avec qui voulons-nous le faire ?
Les patrons d’entreprise n’ont pas d’autres choix que de s’inscrire dans cette démarche de long terme qui signifie que plus on respectera le capital investi, plus on respectera les hommes et les femmes qui développent l’entreprise, plus on aura de la croissance, de l’emploi, de la dignité et de l’équité.