Docteur en spectrochimie, il atterrit dans la monétique

Son esprit critique et sa capacité d’adaptation ont facilité sa reconversion

Nouveau domaine
de prédilection de sa société : les logiciels de GRH.

Un cursus atypique pour le DG de M2M : docteur en spectrochimie (instrumentation d’analyse chimique), Mounir Mohamed Essayegh se lance dans une expérience de trois années au service d’un programme de la Commission européenne, où il avait été recruté comme expert en énergies renouvelables.
Lorsqu’il rentre au pays, en 1989, ses proches «n’ont pas compris pourquoi [il] avait renoncé à une carrière prometteuse en Europe», souligne-t-il. Qu’importe, sa décision était irrévocable.
Sa carrière au Maroc débute avec un poste de directeur industriel dans une start-up spécialisée dans la régénération des huiles usagées. Mais, l’expérience sera de courte durée. L’idée de créer sa propre entreprise ne l’avait pas quitté. Avec des amis de longue date, il se lança dans un projet, mais dans un domaine autre que sa spécialité : la monétique. Le positionnement n’était pas fortuit puisque ce secteur avait un avenir prometteur. Mais quand on lui demande la raison de ce saut de la chimie à la monétique, il répond : «L’esprit critique et d’analyse développé durant les études m’a permis justement de m’adapter à toutes les situations. Tôt ou tard, un manager est amené à s’intéresser à d’autres domaines comme le management, la gestion des projets…».
Après un démarrage timide, la société prend son envol au milieu de la décennie 1990. Avec trois employés au départ, elle réalise un chiffre d’affaires de 150 000 DH la première année. Aujourd’hui, elle dépasse les 40 MDH, livre quelque 25 millions de cartes à puce au Maroc et dans le monde et emploie plus de 120 personnes.

Faire face aux attentes volatiles
Aujourd’hui, le DG de M2M retient deux dates clés de la réussite de la société : 1992, où le choix stratégique est clairement définie ; et 1997, qui voit une reconnaissance de l’entreprise à l’internationale.
Les activités de la société sont concentrées dans trois pôles : la partie monétique, les transactions électroniques et les outils de gestion des ressources humaines. La dernière innovation en la matière : le logiciel Olerp RH, le premier progiciel marocain dédié aux ressources humaines. La société dispose également de filiales à Paris, New York, Beyrouth…
Même si M. Essayegh s’éloigne peu à peu du domaine technique, il garde tout de même un œil attentif dessus. «Les technologies d’information sont un secteur marqué par les fluctuations, que ce soit dans la demande du marché ou dans les technologies elles-mêmes. Les attentes à ce niveau sont volatiles. Il faut être prêt à tout. Pour cela, il est important d’avoir une vision stratégique solide et à moyen et long termes. En plus, il faut savoir réagir et s’adapter très rapidement».
S’il insiste sur la flexibilité et la vision stratégique, M. Essayegh revendique également d’autres qualités managériales pour réussir dans ce domaine, à savoir l’écoute, l’esprit de responsabilisation et le sang-froid.