Divulgation du secret professionnel : Avis d’Aziz Taib, DRH dans une entreprise industrielle

L’une des principales difficultés est de transmettre
les informations aux bonnes personnes, au bon moment.

L’information est une ressource que l’entreprise doit être en mesure de capitaliser d’abord mais aussi de préserver. Aujourd’hui, on parle de knowledge management, ou de gestion des connaissances, qui prend de plus en plus de l’importance. Nous gérons actuellement un flux inépuisable d’informations. L’une des principales difficultés que rencontrent les entreprises réside dans le transfert des informations aux bonnes personnes au bon moment. Les enjeux sont multiples : performance de l’entreprise liée à la motivation du personnel, gains de valeur liés à l’augmentation de capital de connaissance, sauvegarde des savoir-faire et des processus de l’entreprise…
Toute la difficulté réside dans la délimitation du périmètre du secret professionnel. Ce qui est confidentiel pour certains ne l’est pas pour d’autres. La culture d’entreprise influe également. On trouvera aussi bien des disparités dans le partage des informations dans les grandes entreprises que dans les PME, les entreprises privées ou publiques.

Bien évidemment dans notre domaine, à savoir les ressources humaines, les données RH sont à gérer avec précaution en interne et en externe. Il existe des informations névralgiques à prendre en considération comme la politique de rémunération, les licenciements, les dossiers maladie, les réductions des effectifs… Il est vrai que beaucoup d’entreprises vont vers plus de transparence en communiquant sur leur politique RH, mais cette transparence doit être maîtrisée et contrôlée. A mon niveau, j’ai toujours essayé de veiller à ce que l’équipe soit sensibilisée sur ces données RH. Par exemple, les informations personnelles sont à gérer avec précaution.
C’est pourquoi je pense que le secret professionnel implique principalement les postes de direction, là où les cadres détiennent des informations sur la stratégie de l’entreprise. Une fuite dans ce domaine est à même de fragiliser l’entreprise.
Il s’agit aussi de limiter les accès à l’information pour éviter les risques de fuite. Chacun ne doit avoir accès qu’à l’information dont il a besoin. Attention toutefois à ne pas pousser trop loin la restriction. Un cloisonnement trop poussé peut nuire à la communication interne.

On peut aussi anticiper les fuites par une bonne communication et plus de transparence. Journal interne, notes, flash info et Intranet sont des outils utiles. Tout ce qui n’est pas confidentiel et stratégique peut être communiqué. Mais nous sommes là dans une entreprise déjà bien organisée.