Discuter, toujours discuter, sans jamais prendre de décisions !

Je crois bien que dans mon entreprise on est les champions toutes catégories de LA PARLOTTE ! On adore faire d’innombrables réunions pour parler, mais quand il s’agit de trancher alors, là , c’est une autre paire de manches : il n’y a plus personne !
Du coup, mes dossiers sont en permanence en retard et je n’avance pas !
Que me conseillez-vous ?

Si nous devions réunir au même endroit toutes les personnes qui se sont ennuyées dans une réunion sans intérêt, je crois bien que même le plus grand stade de foot du monde ne suffirait pas à les accueillir !

Discuter c’est aussi important

Selon le dictionnaire, «la parlotte» est une discussion insignifiante. Est-ce vraiment le cas ? Ou est-ce simplement parce qu’elle n’aboutit pas à des décisions concrètes que vous la qualifiez de la sorte ?
Je suis bien d’accord avec vous, pour avancer sur nos sujets nous devons trancher à un moment. Mais discuter est également très important car cela permet de tisser des liens entre les personnes et finalement le LIEN c’est ce qui nous différencie des machines, non ?

La prise de décision : quelle décision et avec qui ?

Aussi, prenez toute la mesure de l’importance de ces échanges et notamment en quoi ce qu’ils vous apprennent de vos interlocuteurs pourrait vous aider à obtenir des décisions plus rapides !
Cela va vous paraître absurde mais il convient d’abord de définir clairement QUELLE décision prendre. Et là, vous avez un rôle à jouer ! Si vous lancez le débat en disant simplement : «Nous devons absolument discuter du problème des approvisionnements», vous n’obtiendrez certainement pas plus que de longues discussions stériles. Par contre, si vous lancez (ou mieux, l’annoncez dans l’agenda de réunion envoyé aux participants) «nous devons statuer sur le mode de sélection des fournisseurs XB22» là, vous aurez aussi des discussions mais dont l’objectif sera clair pour tous !
Alors, posez bien le problème pour qu’il n’en devienne pas un !
Et surtout évitez de convier des personnes qui ne sont pas concernées par la décision et qui risqueraient de «polluer» le débat. Enfin, soyez ambitieux ET réaliste, ne mettez pas à l’ordre du jour 17 décisions à prendre !

Aider à décider

Pour pouvoir décider, nous devons «être aidés». Car la procrastination en termes de décisions est beaucoup plus fréquente qu’on ne le croit. Mais si elle peut s’expliquer le plus souvent par un manque de confiance en soi, la peur de commettre une erreur ou encore un leadership «vacillant», donc des raisons de «traits de caractère», elle peut aussi trouver ses raisons dans une approche de «décision making» inadéquate !
Ainsi, si vous avez bien préparé votre sujet, vous serez à même de communiquer :

1. La bonne DATA : soyez certains de vos chiffres et autres éléments, communiquez des faits que nous appelons VIQ à Carnegie (vérifiables, irréfutables et quantifiables)
2. Les choix possibles : apportez à vos interlocuteurs les différentes options qui se présentent à eux, demandez-leur aussi s’ils en ont d’autres en tête.
3. Analyses d’impact : indiquez clairement les conséquences pour chaque option, soyez une fois de plus factuel.
Avec tous ces éléments, vos collègues auront toute la data nécessaire pour prendre une décision et, vous, avancez ENFIN sur vos sujets !