Diorh dresse les dernières tendances des salaires pour 2013

Menée pour la 17e fois, l’enquête porte sur un échantillon de 114 entreprises. Les augmentations sont en moyenne de 3 à  5%.

Fréquence des augmentations, période de révision des salaires, taux d’augmentation, salaires à l’embauche… Le cabinet Diorh vient de rendre publics les résultats de son enquête de rémunération pour l’année 2013. Menée pour la 17e fois, l’enquête porte sur un échantillon de 114 entreprises.  
La majorité d’entre elles sont des filiales de grandes multinationales. 12% d’entreprises marocaines y participent cette année contre 8% en 2012. Ce faible taux de représentativité est dû comme très souvent à un manque de transparence en matière de déclaration des rémunérations, des avantages sociaux, de la mise en place d’outils RH… Aussi, certaines entreprises n’hésitent pas à fournir des données biaisées. Des secteurs comme le tourisme, le textile et le BTP ne figurent d’ailleurs pas dans le panel des secteurs cités par l’enquête.
En tout cas, il en ressort principalement que 95% des entreprises sondées effectuent des augmentations de salaires une fois par an et seuls 2% révisent les salaires de leurs employés plusieurs fois dans l’année, tandis que 3% ne se fixent pas de date.
Le début d’année reste la période idoine pour réviser les salaires. Près de 40% d’entreprises le font durant le mois d’avril alors que 22% le font pendant le mois de janvier ou encore le mois de mars (21%).

Les augmentations ont surtout concerné les directeurs d’organisation

D’autre part, les augmentations n’ont pas été conséquentes pour cette année.  Quelques fonctions ont pu échapper aux effets de la crise, notamment les directeurs d’organisation dont les augmentations ont été en moyenne de 3,6%, de 4,9% pour les cadres supérieurs, 4,7% pour les commerciaux ainsi que de 4,7% pour les employés et agents de maîtrise.
Pour ces mêmes fonctions, les entreprises sondées envisagent également de réviser les salaires en 2014. Pour les directeurs d’organisation, il est question d’augmenter les salaires de 3,8% en moyenne, de 4,4% pour les cadres supérieurs, de 4,6% pour les commerciaux et de 4,5% pour les employés et agents de maîtrise.
Parmi les facteurs qui déterminent ces augmentations, il est à noter que 92% des entreprises les appliquent pour récompenser la performance individuelle, 64% en fonction de la performance de l’entreprise, 46% en fonction de son positionnement dans le marché. En outre, 35% d’entre elles le font par rapport au niveau de formation de l’employé, et 13% en fonction de l’ancienneté du salarié hors législation.

A noter également que l’enquête couvre les cinq composantes de la rémunération à savoir le salaire annuel de base, la salaire annuel fixe garanti (salaire de base + indemnités et primes), le salaire annuel global (salaire annuel fixe + primes et commissions ou bonus), le salaire annuel total (salaire annuel global + valeur de rémunération différée) ainsi que la rémunération totale (salaire annuel total + plus-value sur les stock-options et avantages en nature).

L’enquête révèle que 58% des entreprises (sur une base de 26) accordent des stocks- options aux directeurs d’organisation, 8% d’entre elles accordent des droits aux plus-values sur actions, 19% d’entre elles accordent des actions gratuites ou encore des actions de performances.

Quant aux systèmes de bonus, ce sont les directeurs d’organisation ou de division qui bénéficient le plus des primes qui peuvent osciller entre 19% et 30%, suivis par les dirigeants (15 à 29%), et les cadres supérieurs (entre 10% et 20%).
A fin 2013, 41% d’entreprises (sur une base de 92 entreprises) envisagent de recruter de nouveaux profils alors que 8% comptent tailler parmi leurs effectifs. Près de 51% des entreprises comptent en revanche ne pas toucher à leurs effectifs.
Pour 2014, il est également question pour 45% d’entreprises (sur une base de 88 entreprises) d’augmenter leurs effectifs alors que 8% d’entre elles comptent en réduire et 47% comptent ne pas opérer de changement.

Entre 166 000 et 272 000DH pour les lauréats des grandes écoles étrangères

Enfin, l’enquête donne des détails sur les salaires à l’embauche des jeunes diplômés. Les salaires varient de 64 000 à 272 000 DH bruts annuels. Bien évidemment, ce sont les diplômés des grandes écoles de commerce européennes et américaines comme MIT, Harvard, Essec ou HEC Paris qui sont les mieux rémunérés avec des salaires annuels estimés entre 166 000 et 272 000 DH. Ils sont talonnés par les lauréats des écoles d’ingénieurs publics comme l’École Hassania des travaux publics (EHTP) ou encore l’École Mohammadia d’ingénieurs (EMI) dont la rémunération annuelle oscille entre 143 000 et 195 000 DH. Suivent ceux issus des autres écoles d’ingénieurs privés (entre 120 000 et 175 000 DH), les écoles de commerce publiques comme l’ISCAE ou l’ENCG (entre 116 000 et 168 000 DH) et les écoles de commerce privées (entre 115 000 et 160 000 DH). Ces différences de salaires sont également observées dans les différentes catégories, après trois années d’expérience au sein de leurs entreprises respectives.