Des managers donnent leurs recettes

Jamal Krim, DG de Reco Act :

•Ce que je délègue
En principe, toute activité au sein de l’entreprise peut être déléguée. Par exemple, au sein de Reco Act, nous avons quatre services autonomes en termes d’organisation et qui collaborent en toute symbiose. De ce fait, ma présence n’est pas indispensable, même pour la prise de décision. Cela dit, indépendamment de la compétence et de la confiance, je recherche l’honnêteté et la moralité chez les collaborateurs parce que nous gérons tout de même les fonds des partenaires. De même, cette liberté que je donne à mes collaborateurs me permet de dégager suffisamment de temps pour réfléchir à la stratégie de l’entreprise.
•Ce que je ne délègue pas
Je tiens personnellement à m’occuper d’une principale mission : la gestion des grands comptes. Ce n’est pas toujours évident de démarcher un client et de déléguer par la suite le suivi des opérations à un collaborateur. D’ailleurs, cette pratique n’est pas du tout appréciée par la clientèle. Celle-ci veut toujours que vous mainteniez le contact. De toutes façons, les grandes entreprises préfèrent dialoguer uniquement avec le représentant légal de l’entreprise.

Souad El Kohen Sbata, directrice associée d’Artémis :

•Ce que je délègue
Presque toutes les tâches peuvent l’être. Il faut dire que nous sommes allés progressivement dans la délégation parce qu’il fallait mettre en place les procédures adéquates à chaque service. Bien que j’ai fait le passage dans tous les services lorsque je venais de créer l’entreprise, il m’était impossible de tout faire au fur et à mesure que l’entreprise grandissait. Ceci ne veut pas dire qu’on «abandonne» certaines tâches. Bien au contraire, on veille à leur bon déroulement. On veille également à la mise en place des procédures de contrôle et de suivi des tâches accomplies. L’important est de responsabiliser l’équipe.
•Ce que je ne délègue pas ou délègue partiellement
Le contenu du support Internet reste sous ma responsabilité. Comme nous sommes un éditeur juridique multimédia, il est important de s’assurer de l’information qu’on véhicule. Il s’agit notamment de bien traiter l’information fiscale, comptable et juridique (base de données du bulletin officiel, juris classeur, actualité juridique et fiscale, …). Nous avons mis en place plusieurs équipes qui se chargent notamment de la mise à jour des informations et de la validation des procédures.

Jamal Belahrach, DG de Manpower Maroc :

•Ce que je délègue
Je serais tenté de dire que je délègue quasiment tout, même l’élaboration de la stratégie. Les collaborateurs de l’entreprise y participent et la décision est prise à l’issue d’une réflexion où tous les concernés apportent une pierre à l’édifice. Je délègue également le pouvoir de signature ou encore les contacts avec les clients, même les grands comptes. La négociation, les tarifs…Tout peut être délégué à condition de s’entourer de personnes qui endossent réellement la responsabilité. J’ai l’habitude de dire aux collaborateurs de Manpower que ma mission est de devenir «fainéant».
Attention toutefois : primo, la délégation n’exclut pas le contrôle et pour cela, les indicateurs d’activité et d’avancement des projets font l’objet de réunions régulières. Secundo, je ne délègue que progressivement. Déléguer ce n’est pas lâcher les gens dans la nature. Il faut d’abord qu’ils soient bien outillés pour
cela.
•Ce que je ne délègue pas
Je tiens à m’occuper personnellement du coaching des collaborateurs en leur apportant l’aide nécessaire et en les conseillant dans l’approche idoine pour mener à bien leurs tâches. Mais pas en faisant leur travail à leur place.
Je gère également de manière directe la formation des nouveaux venus pour les initier au fonctionnement de l’entreprise et leur inculquer les valeurs maison. Il est très important que l’état d’esprit chez Manpower Maroc soit le même chez tous. Cela permet de partager une vision commune et donc de progresser dans le même sens.