Des formations pour développer votre potentiel : Le coaching n’est pas encore une préoccupation majeure mais il interpelle de plus en plus

La complexité de l’environnement professionnel incite les managers à  développer leurs compétences comportementales.
Aucun cadre juridique ne régit la profession de coach.
Il faut prendre le temps de bien choisir son coach pour éviter les marchands de bonheur.

Exprimer au mieux son potentiel, s’affirmer, développer l’estime de soi, être autonome ou encore gérer ses émotions… Toutes ces qualités peuvent être acquises ou améliorées grâce au coaching. De plus en plus de praticiens proposent des programmes de formation personnalisés ou en groupe. Youness Bellatif, ancien président de l’Association Maroc Coaching et DG du cabinet Convergence Conseil, fait le point sur l’émergence de ces cursus.

Qu’est-ce qui explique l’afflux des programmes de développement personnel pour managers ?
Depuis plusieurs décennies dans le monde et plus récemment au Maroc (environ 5 ans), les managers ont utilisé et activé des compétences propres aux besoins d’un environnement avec une forme de complexité. Depuis maintenant quelques années avec un degré de complexité de plus en plus élaboré, il leur est demandé  d’activer d’autres ressources pour s’adapter et être performants, des ressources moins opérationnelles et plus personnelles, plus émotionnelles, plus relationnelles et plus intuitives. Compétences non valorisées par le passé, compétences non développées et mises en avant comme facteur de succès dans l’exercice du leadership aujourd’hui. Tous ces facteurs sont autant de raisons pour lesquelles les leaders et décideurs s’intéressent un peu plus à cette notion de développement personnel.

Est-ce un sujet qui préoccupe les managers et les entreprises actuellement ? pourquoi ?
Ce n’est pas un sujet majeur, mais il commence non pas à préoccuper mais à interpeller de plus en plus.
Le développement personnel regroupe plusieurs champs et, du coup, il devient un fourre-tout dans lequel nous pouvons, par généralisation, tout mettre. Je le définirai globalement et en prenant quelques raccourcis conceptuels comme «une manière de créer et de développer des zones de confort personnel d’ordre psychologique, émotionnel, énergétique et comportemental afin de s’adapter au mieux à son environnement et de créer une forme d’équilibre».
Partant de là, les entreprises et les managers s’y intéressent en effet un peu plus, puisqu’il représente un facteur de succès et de performance des cadres et des équipes.
Les questions aujourd’hui des managers et des dirigeants se posent de moins en moins exclusivement en termes de projet professionnel ou de carrière, qu’en termes de projet de vie. Le mode de vie «imposé» ou «choisi» par le monde de l’entreprise a éloigné, subrepticement, les personnes de leur axe d’équilibre initial, ce qui provoque aujourd’hui presque de manière frénétique des questionnements de cet ordre.

Quels types de cursus de coaching proposez-vous ?
Les cursus de coaching que nous proposons (CIES : coaching individu équipe et structure) à nos participants cadres et dirigeants sont des chemins et des parcours identitaires plus que des formations, c’est un parcours métaphore de la vie et dont le cadre global est celui de l’entreprise avec toutes ses dimensions. Nous axons essentiellement l’enseignement sur le développement de la posture des participants et cela n’est pas sans créer une forme de «courbatures mentales et émotionnelles». Nous avons développé, dès le début, un modèle global et intégratif qui est aujourd’hui reproduit sur le marché, qui met le coaching au centre avec autour des «satellites» qui sont des cadres de références théoriques différents et complémentaires comme l’analyse transactionnelle la programmation neurolinguistique (PNL) et le process communication.

Ces cursus donnent-ils le droit d’exercer le métier de coach ?

Le cursus CIES que nous proposons existe aujourd’hui depuis plus de dix ans et a ouvert une voie au Maroc. Son ambition initiale était de créer une vraie plateforme de coaching au Maroc avec un vivier de coachs marocains, proches de leur culture, de leurs racines et de leur problématique, tout en s’inscrivant dans un mouvement mondial et international. Aujourd’hui cette plateforme existe et nous en sommes fiers.
Le métier n’est pas normé d’un point de vue législatif y compris au niveau mondial, pour donner le droit ou pas à l’exercice, d’où la création d’associations mondiales et au Maroc comme Maroc Coaching (première association arabe dans le domaine) qui constitue une forme de  repère déontologique  afin de réguler au mieux la pratique d’un métier naissant.
Le CIES aujourd’hui est réparti sur deux niveaux de formation avec plus de 500 heures de formation et un parcours personnel exigeant avant que notre institut n’habilite le participant à pratiquer.

Comment tirer profit de ces outils de développement personnel ?

Toute opération de coaching s’organise en plusieurs étapes. En amont, il s’agit de définir les attentes réelles de la personne, son objectif général. Cette étape est importante dans la mesure où elle aura pour rôle de déterminer le type de formation à entreprendre. Il s’agit aussi de se renseigner sur le parcours de l’encadrant, son expérience, ses références…De même qu’il faut se méfier des marchands de «bonheur». Comme je l’ai souligné plus haut, le coaching est un métier encore récent et aucun cadre juridique ne légifère la profession. Il faut aussi garder en toute circonstance son libre arbitre et enfin comparer et suivre son feeling avant d’entreprendre une formation en coaching.