Des exemples ont montré que la parité peut être bénéfique en microéconomique et macroéconomique

Avis d’Ilham Zhiri, Présidente fondatrice du réseau de femmes pour le Mentoring/Networking

Nous avons réalisé au Maroc de grands pas pour la femme marocaine durant ces 10 dernières années partant de la Moudawana en 2004, le code de la nationalité en 2007, la révision du code électoral en 2009, le renforcement de la participation de la femme au Parlement jusqu’à 17% en 2012, et le tout important changement de la Constitution , notamment l‘article 19 stipulant égalité, parité femme/homme dans tous les domaines (politique, économique, social, culturel, civil…). Aujourd’hui, nous constatons que la femme cadre marocaine a réalisé des acquis mais malheureusement elle ne jouit pas de tous ces acquis et ces droits. Certes, le pourcentage des femmes cadres a augmenté depuis quelques années, mais reste infime par rapport à celui des hommes cadres sans oublier que le salaire reste toujours un handicap aujourd’hui, en moyenne.
La femme marocaine cadre c’est œuvrer 30% moins pour le même poste et à compétences égales. Il reste encore beaucoup de chemin à faire.
A cet effet, ce que nous offrons et pratiquons à travers notre association, c’est œuvrer à renforcer les capacités des femmes, à les accompagner pour un meilleur développement professionnel et personnel, aussi bien les femmes citadines, cadres, que les femmes de différents niveaux socio-économiques. Le but final étant l’autonomisation de la femme et son rôle dans la sphère économique du pays, sachant que la gent féminine représente plus de 52% au Maroc.
Par ailleurs, je suis également dirigeante d’une société spécialisée dans l’imprimerie et je cite à cet effet qu’au sein de notre effectif, plus de 70% sont des femmes qui travaillent notamment dans le domaine créatif, l’art graphique et l’infographie. Selon mon expérience, les femmes ont généralement de bonnes compétences dans ce demaine.
De même que nous œuvrons à améliorer l’entreprise et nous essayons de contribuer à ce changement d’attitudes d‘abord et avant tout.
A l’échelle nationale, nous contribuons à une meilleure compréhension des droits économiques de la femme. Je crois que la vulgarisation de l’article 19 de la nouvelle Constitution reste à mon sens le cheval de bataille pour relever le défi de la parité.
D’autre part, j’ajouterais que les solutions qui contribuent à l’émancipation de la femme et à favoriser la parité ne manquent pas.
Ainsi, la pratique du mentoring au sein de la politique RH est un bon exemple, et ce, afin de palier la sous-évaluation des compétences des femmes cadres en général.
D’ailleurs, on peut parfaitement constater que des expériences réussies chez IBM en Amérique du Nord ou Sodexho, par exemple, ont démontré l’intérêt de la pratique du mentoring qui permet le renforcement des capacités avec un impact fort de politique RH réussie à tous les niveaux.