Déléguer avec efficacité : Avis de Zakaria Fahim, Directeur associé du cabinet BDO

« Ce que je ne délègue pas, c’est la tà¢che d’animation et de coaching des équipes. »

J’ai pour devise de dire qu’il faut faire faire tout ce que tu sais faire. Pour moi, un manager doit être au service des autres. Malheureusement, la délégation fait encore peur aux managers. Nous avons toujours cette génération de patrons qui ont les yeux sur le guidon et qui veulent tout contrôler. La délégation est une question de survie pour le manager ! En effet, le niveau d’exigence ne cesse de s’accroître (client interne et externe). Aussi, il ne peut plus tout faire lui-même. C’est également un formidable outil de motivation car tout collaborateur cherche à être responsabilisé réellement.

Et en parlant de  délégation, je crois, en tant que cabinet d’audit, que le travail d’équipe est important pour la réussite d’une mission, surtout chez un grand compte. Je pense être entouré de gens compétents et j’essaye d’optimiser au maximum les compétences de chaque collaborateur. Mon travail consiste surtout à planifier avec eux, à encadrer et superviser. Ceci ne veut pas dire que j’abandonne certaines tâches. Bien au contraire, je veille à leur bon déroulement. Je veille également à la mise en place des procédures de contrôle et de suivi des tâches accomplies. L’important est de responsabiliser et d’impliquer l’équipe. Cependant, déléguer ne veut pas dire «fliquer» tout le temps les autres ou les mettre constamment sous pression sans pour autant résoudre le problème. Il faut sécuriser avant tout. Le bénéfice que j’en tire, c’est avant tout de dégager du temps pour faire autre chose, notamment de la veille, participer à des colloques, être en contact avec la réalité du terrain, faire notamment de l’associatif… Cela me permet d’avoir des idées neuves pour mon cabinet.

Ce que je ne délègue pas, c’est la tâche d’animation et de coaching des équipes en les conseillant dans l’approche idoine pour mener à bien leurs missions. Cela relève de ma responsabilité. C’est aussi leur donner du sens et de l’envie à faire leur travail. Il en est de même pour la validation finale d’une mission car je dois apporter une valeur ajoutée dans la conclusion.

Il ne faut pas oublier que des collaborateurs bien dans leur peau font de nous de bons responsables. C’est un dilemme que beaucoup de managers n’arrivent pas à assimiler. J’entends très souvent des paroles du genre : je n’aime pas former mes collaborateurs, je n’aime pas déléguer pour qu’ils aillent ailleurs par la suite. Malheureusement, c’est une stratégie qui aboutit finalement à la démotivation et au départ des collaborateurs.