Déléguer avec efficacité : Avis de Jérôme Mouthon, DG de l’agence Buzzeff

« La supervision et le pilotage des tà¢ches déléguées deviennent une mission à  part entière. »

En tant que dirigeant d’entreprise, je délègue une large partie de mes missions à mes équipes car la réussite d’une entreprise s’appuie d’abord sur un travail collectif. En conséquence, l’essentiel des missions opérationnelles sont déléguées, notamment l’administratif et financier, le commercial ainsi que la production. Toutefois, déléguer ne veut pas dire ne pas s’impliquer ou se déresponsabiliser. Déléguer, c’est s’appuyer sur les ressources de l’entreprise dans leur ensemble afin d’en tirer le meilleur, chacune dans son rôle et en toute responsabilité. A ce titre, la supervision et le pilotage des tâches déléguées deviennent une mission en soi qui est essentielle pour la réussite de l’exercice. Cela permet de développer les équipes grâce au feed-back continu, de corriger les trajectoires des missions prises en charge et de valoriser les collaborateurs les plus méritants car, outre les compétences, la délégation de missions et de tâches repose également sur le facteur confiance entre le délégataire et les équipes. Typiquement, une délégation de signature va généralement reposer sur une combinaison de niveau de responsabilité et de confiance qu’on a dans le collaborateur concerné.

Bien sûr, je ne délègue pas tout. Dans mon rôle actuel, je me penche davantage sur les missions d’ordre stratégique et institutionnel. Il s’agit notamment de la gestion de la relation avec les actionnaires, avec les stakeholders de l’écosystème de l’entreprise, du développement de la vision stratégique de l’entreprise et des dispositions pour assurer un développement pérenne dans la durée.

Par ailleurs, je prends en charge directement le développement du projet d’entreprise à l’international particulièrement depuis l’installation des bureaux de Buzzeff à Dubaï.
En dernier lieu, malgré l’exercice de délégation extrêmement responsabilisant, je demeure très impliqué dans les dossiers importants qui sont gérés par mes équipes au quotidien. A ce titre, je rencontre chaque semaine au moins 2 clients afin de rester au contact du marché et accompagner nos ressources commerciales.

Pour moi, une délégation réussie repose sur quelques principes fondamentaux car c’est un acte de management important au sein de l’entreprise. D’abord, il s’agit d’identifier la palette de tâches et de missions qu’il est possible de déléguer. Ensuite, il s’agit d’évaluer les compétences de ses équipes, notamment leur aptitude à pouvoir prendre en charge les opérations déléguées. En dernier lieu, il faut procéder à une formalisation de cette délégation afin que les deux parties clarifient le périmètre d’intervention, la responsabilité ainsi que les limites à ne pas dépasser. En outre, déléguer suppose d’accompagner dans la durée le délégataire afin de s’assurer de la bonne exécution, c’est donc un exercice de coaching qui permet de développer les équipes. Cela suppose aussi de contrôler de façon aléatoire et inopinée afin de s’assurer que les limites des prérogatives ne sont pas dépassées.
Enfin, la délégation est une réussite lorsqu’elle permet un transfert de compétences aux équipes et lorsqu’elle leur permet d’assurer leur développement personnel dans leur carrière professionnelle.