Décider par consensus : Avis de Khalid Drouan, Directeur financier et administratif

« Certains compromis sont les résultats, non pas du consensus, mais de comportements liés à  un manque d’affirmation. »

Compte tenu de l’environnement changeant, de plus en plus complexe, incertain voire ambigu dans lequel nous travaillons, la prise de décision devient de plus en plus difficile.

A mon avis, gérer par le consensus ne peut être adapté à toutes les situations. Il faut savoir être parfois directif quand l’environnement l’impose.

En temps de crise, vous êtes confronté à des urgences, le style de prise de décision est souvent individuel et directif. Par contre, le style démocratique fait intervenir la recherche de consensus et la contribution des autres. Il faut du temps pour fonctionner selon un tel système. Le fait d’avoir une visibilité sur les affaires, un climat social plus détendu, une bonne équipe… favorisent le style démocratique. Ce type  de fonctionnement est également très intéressant du fait qu’il fait sentir aux collaborateurs qu’ils ont un poids sur la décision mais aussi qu’ils sont accompagnés dans l’évolution de l’entreprise, sans manipulation. C’est motivant sur le plan personnel.

Le travail d’équipe permet notamment de passer en revue les différents scénarios et procéder par élimination. Si toutefois l’entreprise dispose d’un seul maître à bord, il est important qu’il soit assisté (par un conseiller, un coach, un parrain…) pour analyser la problématique dans son ensemble. L’important dans une prise de décision, c’est de cadrer et recadrer le problème, changer de perspective, parce que votre manière d’appréhender le problème est souvent liée à votre propre expérience, vos valeurs, vos croyances, vos émotions…

Toutefois, le consensus a aussi ses inconvénients. Certains cherchent cette voie pour ne pas avoir de problèmes ou carrément pour se désengager de certaines responsabilités.

Compromis, solution affaiblie, décision en demi teinte sont les résultats, non pas du consensus, mais bien plus de comportements liés à l’impatience, à un manque d’affirmation, à un manque de compréhension, ou encore à des attitudes de fuite et d’évitement face aux confrontations. D’autre part, les messages contraignants auxquels nous sommes tous assujettis du type «fais plaisir» nous empêchent de conduire jusqu’à terme des processus de prise de décision consensuelle. Enfin, notre faible capacité à dire non de façon assertive représente un frein pour le management consensuel.