Dans les faits, de nombreux managers ont une vision linéaire de leurs équipes

Avis de Nezha Hami-Eddine, Consultante coach.

Malheureusement, tous les managers ne sont pas attentifs à leurs collaborateurs. Pourtant, nous sommes des êtres en quête permanente de relations, donc de l’autre. Il m’est difficile de comprendre comment un être, né pour être en relation avec l’autre, puisse ne pas s’intéresser à l’autre. Mes interrogations m’ont menée vers diverses voies qui, au final, convergent vers une seule explication: le sacro-saint principe de la neutralité de l’entreprise. L’entreprise, pour les tenants de cette religion, n’est pas l’endroit où l’on exprime ses sentiments, ses états d’âme, ses émotions. Or, nous passons 70% de notre temps éveillé en entreprise. Et nous sommes «unipart». Nous ne pouvons pas laisser une partie de nous en dehors de l’entreprise. Donc, quand nous y mettons les pieds, nous sommes entiers avec nos forces, nos ambitions, nos rêves, nos compétences, notre vie, nos peurs, nos faiblesses, nos préoccupations, nos désirs, nos plaisirs, notre histoire. Nous, finalement.
Manager une équipe veut donc dire être en mesure d’accueillir cette diversité et de l’accepter. Manager une équipe veut dire aussi créer un espace de performance et d’épanouissement où cette diversité s’exprime au grand profit de l’entreprise.
Or, dans les faits, force est de constater que de nombreux managers ont une vision linéaire de leurs équipes. Certes, une équation mathématique est linéaire. Mais l’équation humaine est bien plus complexe que cela.

Pour résoudre l’équation humaine, il y a deux étapes capitales. La première, le manager doit clairement définir ses propres motivations, ses attentes, ses besoins et sa vision. La deuxième, le manager doit faire l’effort de bien connaître ses collaborateurs pour pouvoir «établir le courant avec chacun d’eux» et pour, ensuite, pouvoir facilement identifier les périodes de baisse de régime. Ces baisses de régime sont induites, généralement, par des problèmes liés à la vie au sein de l’entreprise ou provoqués par des événements extérieurs.
Pour réduire l’occurrence de ces périodes de baisse de régime, il est primordial pour l’entreprise de mettre l’humain au centre de ses préoccupations. C’est pourquoi, la déshumanisation de l’entreprise est la principale cause du malaise du personnel.

Le manager ne doit pas pour autant rester indifférent car cette indifférence tue. Au contraire, il doit se sentir concerné par le malaise de ses collaborateurs. Plus un manager se montre soucieux du bien-être de son personnel, plus celui-ci s’implique et s’approprie son travail. On ne doit pas s’étonner qu’un personnel ignoré ne connaisse pas les raisons de sa présence en entreprise.

Ceci dit, il y a des écueils à éviter. Je parlais d’indifférence. Celle-ci se retourne contre le manager qui se trouve entouré par des collaborateurs qui le rejettent «à leur façon».
Il ne s’agit pas non plus de verser dans le copinage avec ses collègues pour être plus proche d’eux. L’humanisation de l’entreprise n’exclut absolument pas la fermeté, l’exigence et les résultats. Au contraire, elle permet de motiver le personnel et, partant, de booster l’entreprise.