Crise financière : Avis de Mohamed Berhili, DG de Hapimag Palmeraie Marrakech

Nous agissons aussi bien sur les coûts que sur le réaménagement des activités. la crise est un moment de fragilité, d’instabilité et de vulnérabilité de l’entreprise qui requiert de la part des dirigeants et des collaborateurs une bonne capacité d’observation et d’analyse, d’agilité intellectuelle et d’action.

Dans notre secteur, une conjoncture internationale défavorable peut impacter directement notre activité. Et cela ne se ressent pas uniquement au niveau du business mais aussi au niveau de l’organisation de travail, des recrutements, de l’hébergement, la restauration…

Les répercussions sur le plan tant matériel que moral ne sont pas en reste. Cela peut aller du gel de certaines activités jusqu’au manque de visibilité et au sentiment d’insécurité. Les équipes seront alors démotivées et la tension au quotidien pourrait engendrer des effets négatifs sur le rendement individuel et collectif des équipes.

En l’absence de communication efficace et transparente, les difficultés pourraient se transformer en crise de confiance.

Pour ce qui est de notre cas, des réajustements en cas de difficultés majeures se font à plusieures niveaux: financier, humain mais aussi structurel.

Sur le plan financier, les dépenses sont revues à la baisse tandis que sur le plan humain, dans 80% des cas, nous agissons sur la diminution des effectifs. Malheureusement, ce sont les contractuels qui y passent en premier. Nous faisons de notre mieux pour les maintenir pendant leur période de travail. Pour les permanents, on privilégie les plus anciens.

Sur le plan structurel, il est clair qu’on essaye de réorganiser nos activités tout en essayant de mettre en place une politique de polyvalence. Certains collaborateurs sont amenés à changer d’activité pour assurer un standard de qualité au niveau de nos prestations. C’est aussi un moyen de les stimuler et les faire sortir de leur routine.

Plus une entreprise est organisée pour gérer les risques, plus elle aura une meilleure résistance dans les situations difficiles. C’est là une occasion pour rappeler la nécessité en temps normal de bâtir des systèmes qui vont jouer un rôle de régulateur en interne et qui puissent offrir de la flexibilité dans l’organisation et le réajustement des objectifs et, surtout, renforcer l’engagement des collaborateurs.

Par ailleurs, la crise est un moment de fragilité, d’instabilité et de vulnérabilité de l’entreprise qui requiert de la part des dirigeants et des collaborateurs une bonne capacité d’observation et d’analyse, d’agilité intellectuelle et d’action. Elle peut aussi constituer une opportunité : la crise permet à l’entreprise de changer temporairement de mode de gouvernance, d’oser, de prendre des décisions organisationnelles ou financières qu’on n’aurait pas prises en situation normale.