Crise financière : Avis de Abdelilah Sefrioui, DG du cabinet Axe RH

Il ne faut pas trop mettre la pression sur les collaborateurs pour sortir de la crise. En matière de gestion, le décideur n’a pas le droit d’être surpris : l’anticipation est le mot-clé

Il est évident que la santé financière est un indicateur implacable des difficultés que rencontre ou pourrait rencontrer une entreprise à court et moyen termes. Une détérioration de la trésorerie, du chiffre d’affaires ou de la rentabilité sont autant de signaux d’alerte qui focalisent au quotidien l’attention des dirigeants.

Cependant, on peut distinguer deux cas de figure. Le premier où l’entreprise subit une crise financière, une conséquence liée à une conjoncture  défavorable sur le plan national ou international, comme ce fut le cas en 2008/09 suite à l’éclatement de la bulle financière internationale.Le deuxième cas de figure est souvent lié à la situation interne de l’entreprise, une conséquence généralement due à une mauvaise gestion de l’entreprise.

Généralement, c’est le résultat d’une défaillance du management quand l’entreprise arrive au stade de déclin. Et à ce niveau, le salut passe forcément par une bonne révolution managériale.

La plupart des responsables d’entreprises ont déjà rencontré à plusieurs reprises ces problématiques et traversé (en sortant indemnes ou pas) des crises financières. Il n’en demeure pas moins que, dans un monde qui évolue de plus en plus vite, ils ont en permanence besoin de repères au sujet de l’anticipation et de la gestion des crises financières et d’enrichir leurs bonnes pratiques pour s’organiser de manière agile et structurée, et surtout pour passer à l’action.

Certes, des indicateurs de suivi servent toujours à recadrer le tir pour sortir de l’impasse mais généralement la gestion des entreprises en période de crise requiert des qualités encore plus spécifiques.

En matière de gestion, le décideur n’a pas le droit d’être surpris : l’anticipation est le mot-clé. Mais pour bien anticiper, il ne suffit pas de disposer d’une information de qualité. Encore faut-il savoir l’interpréter et l’exploiter au bon moment.

Il ne suffit pas non plus de trop mettre la pression sur les collaborateurs pour atteindre les objectifs fixés. Très souvent, cette pression est mise sur le dos des responsables financiers ou commerciaux pour sauver la barque. C’est une erreur; je pense que toutes les fonctions ou services de l’entreprise ont un rôle à jouer dans la sortie de crise.

Bien évidemment, la communication reste indispensable dans le plan d’action. Car en l’absence de communication efficace et transparente, les difficultés pourraient se transformer en crise de confiance où les forces vives de l’entreprise sont occupées à alimenter la rumeur au lieu de s’attaquer aux défis à surmonter.