Créer son entreprise au Maroc : l’échec n’est pas une fatalité

Les promoteurs se heurtent encore aux problèmes d’accès au financement, aux lenteurs administratives, aux charges sociales et fiscales pesantes. Se faire bien entourer et ne jamais baisser les bras, deux facteurs essentiels pour réussir.

Qui n’a pas pensé créer un jour son entreprise ? Dans la réalité, une infinité ose encore passer à l’acte. Au Maroc, la prise de conscience a été tardive. Du projet de création de 30 000 TPE au programme Moukawalati en passant par les fonds d’amorçage et même aux programmes télévisés (Challengers), les initiatives se sont plus ou moins multipliées avec les résultats médiocres que l’on sait. Néanmoins, en ces temps de crise où les entreprises sont très frileuses en matière de recrutement, se mettre à son compte en créant une entreprise peut être salutaire.

Zakaria Fahim, DG du cabinet BDO, considère que «la crise est libératrice. Elle permet la remise en cause, oblige à regarder autrement, à aller chercher d’autres ressources, de nouvelles idées». Le problème, qui est d’ailleurs à l’origine des résultats peu satisfaisants du dispositif d’aide, est que le système éducatif tue malheureusement la créativité. On apprend aux élèves et aux étudiants à mémoriser, non pas à réfléchir, à prendre des initiatives.

L’environnement culturel constitue un autre frein, peut-être plus insoluble que l’éducation. En effet, l’échec n’est pas toléré, d’où la peur de s’engager même si l’on porte un projet prometteur. Et quand on réussit à vaincre la peur, l’enthousiasme peut rapidement céder le pas au découragement parce que les promoteurs se heurtent encore aux problèmes d’accès au financement, aux lenteurs administratives, aux charges sociales et fiscales pesantes, à l’image insuffisamment valorisée de l’entrepreneur qui réussit… En quelque sorte, les temps changent, mais les problèmes restent toujours les mêmes. Faut-il pour autant baisser les bras ? Non, disent ceux qui ont réussi à se mettre sur orbite.

Après les difficultés, «tout n’est que plaisir», assure Amine Lahlou, DG du portail Dealdeluxe.ma qui, par cette formule, met en exergue le bonheur d’être son propre patron. Il faut savoir qu’on ne réussit pas seul. Pour que la création ne soit pas une aventure sans lendemain, il est nécessaire de rompre son isolement en partageant avec d’autres personnes qui ont les mêmes préoccupations. Il est également fondamental que le porteur de projet soit accompagné durant les différentes étapes de son projet par un professionnel, expert-comptable ou autre spécialiste en matière de création d’entreprises. Sa présence rassure et son coaching est précieux pour le montage financier et les aspects juridiques et fiscaux.