Créer son entreprise au Maroc : Avis de Rida Lamrini, Président de la Fondation du jeune entrepreneur

«Nous apprenons aux jeunes à  se poser les bonnes questions»

A mon sens, il faut en finir avec les préjugés sur le manque de financement, les lenteurs administratives, l’absence d’accompagnement, l’échec des programmes étatiques… Par exemple, quand nous demandons à des jeunes, notamment du milieu rural, pourquoi ils n’osent pas entreprendre, ils ne savent pas quoi répondre alors qu’ils ont envie de passer à l’acte. Le problème est qu’ils ne savent pas formaliser leur projet. Ils sont démunis quand ça dépasse un atelier de menuiserie, de coiffure ou de plomberie. C’est pourquoi au sein de la Fondation du jeune entrepreneur (FJE), nous leur apprenons les rudiments de la création d’entreprise, la mise en place d’un business plan…

Sur deux ans, nous avons pu lancer plus de 150 projets, ce qui est non négligeable. Cela va d’un petit atelier d’artisanat à un cabinet d’assurance ou de formation… Les jeunes du milieu rural sont intéressés par toutes les activités. Nous leur apprenons surtout à se poser les bonnes questions : sont-ils prêts à se sacrifier durant les premières années qui suivent la création et à affronter le stress lié à la création et à la gestion d’entreprise ? Ont-ils prévu une issue de secours en cas d’échec ?
Après avoir vérifié la cohérence du projet personnel avec le projet de création, il faut s’assurer qu’ils connaissent et comprennent leur marché (concurrents, clients, partenaires…).

Créer son entreprise au Maroc : l’échec n’est pas une fatalité

Il est aussi important de leur faire savoir que développement du chiffre d’affaires, accroissement des parts de marché et réalisation d’un bénéfice sont des événements économiques nécessaires à la pérennité de l’entreprise, mais non suffisants. C’est pourquoi nous leur recommandons fortement de ne pas s’isoler dans leur aventure. Aujourd’hui, il existe un panel d’institutions ou de structures qui peuvent apporter un appui technique mais aussi psychologique aux jeunes créateurs. C’est en quelque sorte leur donner une assurance dans leur projet.

Il faut savoir que le tissu économique assure 120 000 emplois par an alors que près de 200 000 jeunes diplômés arrivent sur le marché du travail. Une situation qui interpelle.
À cet égard, le forum que nous avons décidé de lancer en mai prochain vise à insuffler un élan à la création d’emplois par le développement de l’entrepreneuriat. L’événement mise sur l’émergence d’idées, de conclusions et d’initiatives de nature à promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes, particulièrement en milieu rural. J’ajouterais également qu’il vise à mettre en valeur les jeunes qui ont bénéficié de l’appui de la FJE et de ses partenaires pour créer leurs entreprises.