Créativité, comme tu m’inspires !

Traditionnellement réservée aux métiers artistiques, la créativité concerne pourtant tout le monde et tous les services. Etre créatif c’est être curieux, chercher en permanence des nouvelles connaissances.

Au premier abord, pour la plupart des gens, être créatif signifie exercer un métier d’art : dessiner, créer des films, faire de la musique. Et bien sûr, tout en confirmant sa personnalité survoltée, caractérielle, imprévisible. Erreur ! Les grands artistes sont aussi des très grands techniciens de leur art. Et les métiers considérés comme purement «techniques» (ingénieurs, commerciaux, fonctionnaires) nécessitent, eux aussi, une bonne dose de créativité au quotidien.
La créativité peut être définie en tant que faculté de chercher les solutions hors du commun, de voir les opportunités là où les autres ne voient que des obstacles, sortir des idées novatrices, initier des tendances. La créativité, c’est aussi l’acte de produire quelque chose d’original et nouveau et d’une manière générale la disposition de l’individu ou d’un groupe à transformer leur environnement.

Etre créatif c’est aussi être curieux, chercher en permanence des nouvelles connaissances et appliquer ces nouveautés dans son champ d’action. On peut être un homme d’affaires créatif, on peut être un architecte créatif, on peut être un fonctionnaire créatif.
Aujourd’hui, quand un nombre important d’exposés et même certaines thèses de fin d’études sont en grande partie constitués de copier-coller des phrases trouvées dans les sources, le besoin accru de la véritable créativité se fait sentir dans tous les domaines d’activité. Ainsi, les entreprises procèdent de plus en plus souvent au recrutement sur les résultats des assessment center et l’un des critères cruciaux, avec la capacité de communication, est justement la créativité et l’innovation.

Pour illustrer la question de la créativité, j’ai choisi l’exemple d’une architecte qui, grâce à sa capacité d’innover, avait réussi plusieurs carrières là où les autres se seraient résignés à un échec pur et simple. Dans la plupart des pays, l’exercice du métier d’architecte est strictement encadré par la loi et même réglementé. Notre architecte venant d’un pays étranger, elle ne pouvait pas faire valoir ni ses diplômes, ni sa compétence, ni son expérience. Que faire ? Se résigner dans l’inactivité n’était pas dans son tempérament, elle a donc créé un atelier d’enseignement de l’art : le dessin et la peinture à l’aide des différentes techniques, pour les enfants et pour les adultes. Excellente sur le plan technique, artistique et pédagogique, elle a connu ses premiers succès et fondé sa bonne réputation, relayée par de nombreux vernissages et parutions médiatiques. A ce moment, elle aurait pu se contenter de ses acquis, mais ce n’était que le début. En personne créative, elle a entamé parallèlement l’activité de designer d’intérieur, avec la particularité d’effectuer de magnifiques fresques murales. Inutile d’expliquer que là aussi, le succès était au rendez-vous.

Après avoir complété les procédures administratives de validation de ses diplômes, elle a enfin pu exercer son métier d’architecte, avec une préférence pour les villas des clients particuliers. Et c’est là où j’ai pu saisir la profondeur de sa créativité et de son approche humaine de son activité. En fait, chaque projet était pour elle un projet de vie d’une famille différente : dans son contexte et avec ses singularités. Ce n’était jamais des plans standards réaménagés, mais des propositions découlant d’une étude de cette famille, de ses attentes et besoins, de ses projets d’avenir…
Dans le cas de notre architecte, la créativité ne se résumait donc pas seulement à innover pour rester active professionnellement et progresser, mais aussi à apporter sa touche personnelle et marquante dans chaque domaine auquel elle a touché sur son chemin. Nous pouvons dire sans exagération qu’elle était (et elle l’est toujours) «insubmersible», parce que créative.

La vraie créativité se mesure non seulement au nombre des œuvres ou des projets accomplis, elle tient surtout compte du nombre des fois que nous nous sommes redressés après un échec, qu’il soit dû à nos propres agissements où aux circonstances indépendantes et extérieures. D’ailleurs, la crise économique qui sévit dans le monde depuis plusieurs années fournit chaque jour des exemples d’ingéniosité de ceux qui y résistent avec succès. En dehors de ce contexte particulier, dans chaque projet et dans chaque domaine d’activité il y a une place réservée à la créativité et aux créatifs, sans lesquels les entreprises ne feraient que reproduire les anciens schémas de comportements et les anciens modèles des produits.

En parlant de la créativité, il est impossible de ne pas évoquer le phénomène du copiage, voire de la contrefaçon. Les grandes marques mènent une guerre contre la contrefaçon de leurs produits, sans pour autant y parvenir à 100%. Tôt ou tard, un artisan habile reprendra un dessin, une texture ou un modèle. Ce qui est le plus important, c’est qu’entre-temps l’entreprise innovante aura sorti d’autres modèles, aura créé d’autres produits. Et finalement, grâce à cette créativité, elle sera toujours à l’avant-garde, pendant que les autres ne feront que la suivre, avec un petit retard.
En ce qui concerne la créativité personnelle dans la vie de tous les jours, il est parfois difficile de préserver notre regard d’enfant : ouvert à toutes les possibilités, abordant les problèmes sans a priori. Pourtant cette fraîcheur, taxée souvent de candeur ou de naïveté, améliore indiscutablement nos chances de réussite et augmente notre efficacité personnelle.
Alors, êtes-vous définitivement créatifs ?