Création d’entreprise : Questions à  Zakaria Fahim, DG du cabinet BDO

« Le business angel est un véritable pont entre les différents modes classiques de financement. »

La Vie éco : Vous êtes président de l’association Atlas Business Angel, quelle est la particularité d’un business angel ?

Il faut d’abord établir un constat. Les modes alternatifs de financement se développent mais à un rythme lent, que ce soit par exemple le capital investissement ou la finance islamique. D’un autre côté, le prêt bancaire au démarrage est quasi inexistant. Les séquelles de certains échecs de programmes de financement sont encore présentes dans les esprits. De ce fait, beaucoup d’organismes n’osent pas aider les créateurs d’entreprise.  Certains peuvent compter sur l’appui de l’entourage familial (le Family Money) mais pour bon nombre, c’est irréalisable.
Aujourd’hui, nous considérons que le business angel peut être une bonne alternative pour les porteurs de projet. Son principe est simple: un business angel accompagne tout promoteur débutant dans un projet innovant et à fort potentiel de développement. Il a la particularité de financer la phase de création de TPE ou PME, une période généralement censée être risquée. Chose que ne font pas les autres qui financent des entreprises déjà existantes. Ce système présente un avantage pour le porteur de projet.
Le business angel est souvent minoritaire dans le capital du projet ciblé. Il ne dépasse pas généralement les 10% du capital total. De plus, sa période d’accompagnement ne doit pas aller au-delà de 5 ans.
De même qu’il faut signaler que les projets accompagnés dans ce cadre présentent moins de risques par rapport aux autres projets qui ne se font pas accompagnés par un business angel. Cela peut être une bonne alternative pour se structurer dans le formel.

Que faut-il pour le développer davantage ?

Il faut des mesures incitatives. Il ne faut pas oublier que le Maroc a besoin d’une économie forte à travers le développement des TPE et PME locales. Si l’activité business angel fonctionne ailleurs, c’est parce qu’il y a eu des «carottes fiscales». Par exemple, dans certains pays les business angel ont la possibilité d’imputer les déficits accusés dans quelques projets sur leurs revenus, leur permettant ainsi de compenser une partie de leurs pertes. Il faut également imaginer un dispositif fiscal où la plus-value ne soit pas pénalisée à la sortie. Cela permet de réinvestir sur d’autres projets.

Pour vous, le principal est d’accompagner tout porteur de projet…

J’ai souvent recommandé fortement à tout créateur ou porteur de projet de ne pas s’isoler dans son aventure. Si des programmes d’aide à la création ont échoué, la principale raison réside dans le manque d’accompagnement.

Il existe un panel d’institutions ou de structures qui peuvent apporter un appui technique mais aussi psychologique aux jeunes créateurs. C’est en quelque sorte leur donner une assurance dans leur projet. On peut citer les CRI, l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi et des  compétences (ANAPEC), les Chambres de commerce, d’industrie et des services, l’Agence nationale pour la promotion de la PME (ANPME) et bien d’autres. Certains organismes vont jusqu’à l’accompagnement pré-création et post-création.