Congé de maternité : comment elles s’en sortent, avant et après

Wafae Chafii
Responsable financier dans un grand groupe
«Il faut deux à trois semaines pour se remettre vraiment dans le bain»
«J’ai vécu deux grossesses. J’ai accouché durant le mois de novembre de l’année dernière alors que cette période coïncide généralement avec la préparation des budgets, les arrêtés comptables… Durant cette période, je me concentrais uniquement sur les dossiers importants, avant mon congé.
En plus, notre organisation interne permet d’avoir des rotations pour les postes sensibles. Il y a toujours deux à trois personnes qui peuvent se relayer en cas d’absence de l’un d’eux.
Même le congé de maternité n’est pas de tout repos : nuits blanches, fatigue permanente, soins du bébé, tâches ménagères… c’est une autre charge de travail qui nous attend durant cette période. Autant dire que la reprise se passe de tout commentaire. Généralement, il faut deux à trois semaines pour se remettre vraiment dans le bain. A mon avis, il faut toujours songer à prendre une semaine à dix jours avant l’accouchement. On n’y pense même pas parce qu’on veut rester dynamique jusqu’au dernier moment. C’est un leurre parce que la fatigue vous rattrape après. Pourtant, au départ, j’ai voulu baliser le terrain pour ne pas retrouver une montagne de dossiers au moment de la reprise.
Il faut souligner également qu’on bénéficie, dans le cadre d’une convention collective, d’une absence de deux heures par jour pour l’allaitement, tout comme on peut avoir droit à une demi-journée durant la semaine pour le faire. Il est évident qu’on doit trouver des prétextes pour s’absenter continuellement.»

Siham Debbagh
Chef de projet dans une agence d’événementiel
«Le plus difficile ? C’est de gérer l’après-congé»
«A priori, c’est l’après-congé maternité qui est le plus difficile à gérer. Tout s’est bien déroulé pendant ma grossesse. J’ai préféré rester active jusqu’à la dernière journée. Cela m’a été très bénéfique. Le fait de rester active permet de garder une fraîcheur physique mais aussi d’éviter de prendre du poids. Sur le plan moral, ça permet au moins d’oublier l’angoisse de l’accouchement. En ce qui concerne le rythme de travail, rien n’a changé. J’ai gardé le même rendement. Il arrivait toutefois que certains collègues me soulagent de quelques tâches. D’une certaine manière, on m’accordait plus d’attention et de soutien durant les moments difficiles. On a même dû recruter une personne supplémentaire pour m’épauler et surtout pour me remplacer durant mon absence.
Le retour, par contre, est toujours épuisant. A priori, arriver tous les jours vers 9 heures est mal apprécié, surtout après un mois d’activité. Or, on ne comprenait pas que la loi me donnait droit à une demi-heure pour l’allaitement. Il faut souligner que je me réveillais pratiquement tous les jours à 5 heures du matin pour le faire. D’où une certaine fatigue pendant la journée.»

Rachida L. Infographiste
«J’aurais préféré prendre une année sabbatique ou travailler à temps partiel»
«Pour mes deux accouchements, j’ai toujours pris les 12 semaines de congé de maternité auxquels j’ai droit. D’habitude, je reste jusqu’au dernier jour pour partir en congé. A la limite, j’aurais préféré prendre une année sabbatique ou travailler à temps partiel pour bien m’occuper de mon enfant. J’ai encore du mal à m’en séparer parce qu’il a à peine quelques mois. Malheureusement, la direction générale n’est pas de cet avis.

En ce qui me concerne, la reprise est toujours difficile bien que, durant mon absence, tout marche comme sur des roulettes. Il y a toujours un remplaçant qui connaît les procédures. Parfois même, on fait appel à des CDD en cas de surcharge de travail.»