Comprendre le burn-out et la motivation personnelle d’un manager

La fatigue physique et psychique s’accompagne très souvent d’une baisse de motivation personnelle. Il est important de varier les activités pour garder l’équilibre n La motivation réelle d’un chef est une condition indispensable à  celle de ses équipes.

Ces deux notions, diamétralement opposées, sont les deux extrémités du même phénomène : le burn-out, autrement appelé l’épuisement professionnel, caractérise l’état de la personne ayant atteint ses limites de rendement, très souvent résultant d’un stress aigu et prolongé. Un manager «au bout du rouleau» est donc non seulement fatigué physiquement et psychiquement, mais aussi très souvent à court de motivation personnelle, de cette fraîcheur d’esprit qui le rendait habituellement créatif, vigilant et entrepreneur.
Nous sommes au début de l’année, nous avons tous pris de bonnes résolutions, nous nous sommes présentés les meilleurs vœux de succès, alors pourquoi aborder le sujet du burn-out et de la motivation ? Pourquoi aujourd’hui ? Eh bien, c’est parce que c’est justement le bon moment de le faire, en amont des difficultés à venir et non pas en jouant aux pompiers quand il y a le feu dans la demeure! Il faut dire que la majorité des problèmes ou des conflits dans les entreprises pourraient être évités ou atténués s’ils étaient anticipés et traités à temps. Alors, dans le cadre de nos bonnes résolutions pour 2011, nous traitons ces questions avant qu’elles ne deviennent pénibles et urgentes.
Pour commencer, quelques évidences : quelle que soit notre performance, nous ne pouvons pas maintenir un rythme de travail soutenu et constant à long terme. Physiquement et psychologiquement nous avons besoin de varier le tempo et -si possible- les activités. Deuxièmement, nous évoluons dans notre vie et dans notre carrière ; notre environnement évolue, lui aussi. En d’autres termes : ce qui était satisfaisant et motivant hier, ne le sera peut-être plus demain. Ainsi, nous sommes en quête permanente de bonheur, y compris du bonheur professionnel, dont les caractéristiques ne sont pas une constante dans le temps.

Cas pratique

Un directeur financier talentueux et efficace m’a confié un jour qu’il voulait changer le cap et évoluer vers le management des ressources humaines, ce pourquoi il avait un talent avéré : excellent communicant, très proche des équipes, ayant une approche méthodique et en même temps profondément humaine. Mais lorsqu’il avait sollicité sa mutation (après une mûre réflexion), elle lui a été refusée. Sans entrer dans les détails, je voudrais attirer votre attention sur la situation finale et concrète dans laquelle notre manager s’est retrouvé et qui a provoqué chez lui une véritable chute de motivation personnelle pour le travail qu’il avait pourtant aimé et exercé avec beaucoup d’assiduité pendant des années. Que faire ? Continuer la gestion financière avec un sentiment de l’échec personnel ? Chercher à se reconvertir en quittant son entreprise ? Le choix n’est pas simple, surtout lorsqu’un manager a une position socioprofessionnelle qu’il ne veut pas tout remettre en question. Ayant entendu de sa hiérarchie un «non» clair et sans appel, il ne lui restait qu’à s’y accommoder et retrouver en soi les motivations profondes et véritables pour le travail qui était le sien. En quelque sorte, renouveler sa passion première pour les finances ; la regarder et l’exercer d’une perspective différente. Parallèlement, il a décidé d’entreprendre les activités personnelles lui permettant de réaliser ses projets. A suivre…

On ne peut convaincre les autres sans être convaincu soi-même

En quoi la motivation personnelle sert-elle à un manager ?
Elle lui est indispensable à plus d’un titre : tout d’abord à se sentir bien dans sa peau, bien dans son travail, être performant, et en particulier à construire et asseoir son leadership. Sans être convaincu lui-même, il ne peut pas convaincre les autres – c’est aussi simple que cela. Ainsi, la motivation réelle d’un chef est une condition indispensable à la motivation de ses équipes et, en finale, au bon rendement de toute l’entreprise. Un simple employé peut exécuter ses tâches sans être particulièrement motivé, mais ce n’est pas le cas du manager, et encore moins d’un dirigeant d’entreprise.

Comment retrouver sa motivation ?

Se poser (ou se faire poser) des questions fondamentales: Qu’est-ce qui est important pour moi : dans la vie, dans le travail ? Qu’est-ce qui me plaît (ou me déplaît) dans ce que je fais actuellement ? Quelle serait la situation idéale dans laquelle je voudrais me trouver? Etre en accord avec ses convictions profondes et ses valeurs fondamentales est la première condition de satisfaction et de la motivation dans le travail et dans la vie de tous les jours. Faut-il encore en être conscient… Beaucoup de managers sont «programmés» pour la réussite dite socioprofessionnelle et ne se posent pas ces questions simples. Il en résulte des carrières brillantes des hommes frustrés et tristes au fond d’eux-mêmes. Alors, ne craignez pas à entreprendre cet effort personnel de la quête des valeurs, tout seul ou accompagné d’un coach qui saura vous poser des bonnes questions au bon moment, afin que vous ayez la joie d’entreprendre et apprécier pleinement les plaisirs simples de la vie.