Communication interne : Avis de Jérôme Mouthon, DG de l’agence Buzzef

« La communication interne prend plusieurs formes formelles et informelles »

La communication interne est-elle stratégique pour une entreprise ?

De toute évidence, oui. La communication interne constitue la colonne vertébrale même d’une entreprise en ce sens qu’elle participe de la circulation de l’information au sein d’une organisation. Elle est stratégique car elle a un impact direct sur plusieurs composantes structurantes des organisations dont le climat social, la motivation, la transparence, le partage de valeurs communes ou plus simplement la circulation de l’information favorisant l’échange entre les équipes et avec le monde extérieur. Pour les entreprises étendues, la communication interne reste un levier de management important puisqu’elle est érigée le plus souvent en département voire en direction souvent rattachée à la direction générale d’entreprise.
 
Comment vous l’organisez au sein de votre structure ?

Au sein de Buzzeff, la communication interne prend plusieurs formes formelles et informelles. En effet, la taille humaine de l’entreprise favorise l’échange direct et le partage d’informations avec les équipes. Cette formule décontractée est très appréciée par les collaborateurs car empreinte de proximité, de spontanéité et construit une connexion émotionnelle au sein de l’entreprise. Parallèlement, les canaux formels apportent également leurs contributions à travers les groupes privés d’entreprises au sein des réseaux sociaux qui ont emboîté le pas au traditionnel intranet. Nous nous appuyons également sur la diffusion de newsletter électronique mensuelle et en dernier lieu nous avons un rendez-vous trimestriel sous forme de réunion avec tout le personnel favorisant l’interaction. Buzzeff étant présente à Casablanca et à Dubaï, elle utilise alternativement l’ensemble de ses dispositifs trilingues (arabe, français et anglais) pour organiser efficacement sa communication interne.
 

Faut-il tout communiquer en interne ?

Notre parti-pris au sein de Buzzeff c’est de tout communiquer car il ne sert à rien de masquer ou de dissimuler. D’abord parce que tout finit par se savoir, ensuite parce que quand vous laissez aux bruits de couloir le soin de s’occuper de votre communication interne, elle peut avoir des effets ravageurs sur le climat de travail voire la réputation de l’entreprise. Plusieurs exemples montrent que les révélations de sujets cachés par les directions d’entreprises ne produisent pas d’effets positifs.
En revanche, tout communiquer en interne suppose quelques garde-fous. D’abord, il convient de construire les messages de façon simple et accessible. Il faut également s’assurer de la compréhension par les équipes et à différents niveaux de l’organisation. Enfin, les relais par des réunions explicatives en petits groupes sont souvent utiles et efficaces dans le processus d’information, d’acceptation et d’adoption. Donc définitivement oui pour tout communiquer, c’est notre conviction, reste le comment qui détermine si la communication interne est réussie ou pas mais encore une fois, il ne sert à rien de cacher ou de considérer que les équipes n’ont pas besoin de savoir ceci ou cela.
 
Les TIC, notamment l’intranet, les blogs, les réseaux sociaux, ont-ils réellement changé le mode de communication des entreprises ?

Absolument, je l’ai dit précédemment, les réseaux sociaux sont en train de remplacer les traditionnels intranets qui jouaient le rôle de canal de communication interne dans les grandes entreprises. Il y a toutefois quelques différences à souligner, c’est que les intranets intègrent non seulement des dispositifs de communication interne mais aussi des workflow, des process métiers, des agendas partagés… De plus, les intranets restent plus sécurisés que les réseaux sociaux qui apportent un avantage significatif pour l’exposition des entreprises et sont accessibles y compris via les terminaux mobiles. Donc l’impact des TIC sur les méthodes de communication interne est effectif, il appartient à chaque entreprise de l’intégrer selon son profil, notamment le taux de pénétration des usages informatiques. En fait, les facteurs clés pour une communication interne efficace résident dans une bonne compréhension de son environnement, et dans des canaux et outils de communication interne. Elle permet d’adapter les messages et les supports en fonction de l’importance et de la gravité du sujet.  

Ceci dit, il faut éviter certains écueils. A commencer par l’amalgame entre information et communication. On croit souvent que le fait d’envoyer des notes d’information relève de la communication, mais il s’agit uniquement d’une information factuelle, certes nécessaire, mais insuffisante. La communication englobe également la participation des collaborateurs pour leur donner la possibilité de s’exprimer sans pour autant démocratiser l’objectif initial de l’entreprise. Il faut éviter aussi de cacher des vérités. Souvent, les collaborateurs ne sont avertis d’une actualité importante concernant l’entreprise que par une voie externe comme par voie de presse. Les effets peuvent être dévastateurs en termes d’image et de motivation.

Pensez-vous qu’une bonne communication interne contribue à renforcer la motivation des salariés ?
Oui, sans équivoque. La communication interne est un formidable moyen de donner de la visibilité au collaborateur. Il est informé de l’évolution de la vie de son entreprise et, dans ce sens, il se projette en mettant une synergie entre ses objectifs professionnels (gestion de carrière) et ceux de sa société. La communication interne est donc un important moteur de motivation.
Un collaborateur ne pourra s’investir pour contribuer au succès de son entreprise que s’il comprend ses enjeux, s’il se les approprie, s’il sent que l’on compte sur lui pour apporter sa pierre à l’édifice. C’est pourquoi la bonne communication interne devra clarifier les différents enjeux et mettre en avant les réussites individuelles pour renforcer la dynamique du groupe.

Quelle entreprise incarne aujourd’hui un modèle en matière de communication interne ?

Pour nous, le bon exemple est celui de ebuzzing, notre maison mère tout simplement, parce qu’elle est présente dans 5 pays et elle a développé un bon nombre d’outils qui permettent aux collaborateurs de se renseigner sur l’état d’avancement des projets, de communiquer…