Communication en période d’incertitude : Avis de Mohamed Berhili, DG de Hapimag Palmeraie Marrakech

Emulation et communication valent mieux que les plus beaux discours.

Généralement, l’activité baisse chez nous durant cette période qui coïncide avec le mois sacré. Mais si je dois faire le bilan du premier semestre, je dirais que l’activité a été plus ou moins bonne par rapport à la même période de l’année dernière et les prémices du deuxième semestre s’annoncent plutôt satisfaisantes. N’empêche que nous vivons une période plutôt instable surtout que le secteur du tourisme connaît des fluctuations fréquentes. Pour moi, l’instabilité ne se situe pas au niveau du business, mais plutôt du côté de l’indisponibilité de ressources humaines adéquates.

Ceci dit, je pense qu’un manager doit garder un esprit positif auprès de son équipe. C’est quelque part montrer la moitié pleine du verre. Pour moi, cela tient à deux principes : émulation et communication.

Créer l’émulation passe par un travail de proximité. Autrement dit, le manager doit être présent sur le terrain pour garder le contact le plus étroit possible, faire preuve de la plus grande transparence, porter un message d’espoir et faire prendre conscience à tous que les efforts doivent être collectifs et que les solutions ne se trouveront que dans le collectif. Il convient aussi de rappeler les principales valeurs et de fédérer les équipes autour de celles-ci.

L’émulation passe aussi par de simples rencontres collectives. Un déjeuner, un dîner ou f’tour collectifs peuvent bien faire l’affaire pour entretenir la cohésion. Tout le monde ne peut pas se permettre de faire un team-building, c’est pourquoi de simples rencontres, loin du faste, peuvent aussi fédérer une équipe et créer une synergie de groupe, même dans les moments difficiles. Cela permet d’optimiser les qualités de chacun et de renforcer le sentiment d’appartenance en interne. On peut également profiter de ces moments pour revoir le mode d’organisation. Il faut rester ouvert aux propositions et à la nouveauté.

Quant à la communication, il ne faut communiquer que sur les décisions prises. Le fait de connaître toutes les options envisagées augmente le climat d’incertitude et peut donner l’impression aux collaborateurs que leurs managers sont en proie au doute.

Ne jamais s’avancer sur des décisions tant que la situation n’est pas réelle. Par exemple, si on devait distribuer des bonus, autant ne pas avancer des chiffres car les collaborateurs planifieraient déjà ce qu’ils feront de cet argent. Par conséquent, si la situation se gâte, les déceptions seront nombreuses.