Communication en période d’incertitude : Avis d’Aziz Taib, DRH dans une entreprise industrielle

L’important est de donner le même niveau d’informations et être plus précis.

La crise place parfois les managers sous la pression de leurs équipes. Il faut éviter de tomber dans la sinistrose car, souvent, le premier réflexe des dirigeants en temps de crise est de renforcer les procédures et d’accroître les objectifs de rentabilité. A mon avis, pour rassurer davantage ses collaborateurs en interne, il faut éviter de montrer que tout va mal. L’excès d’informations nuit à leur bonne compréhension. Il convient de ne communiquer que sur les décisions prises. Pour annoncer une nouvelle, particulièrement si elle est mauvaise, il convient de donner le même niveau d’informations, et d’être le plus précis et le plus concret possible.

De la transparence avant tout ! Quitte à générer du conflit, la transparence doit être au cœur de toute communication interne, et encore plus particulièrement en période de crise. Il est d’ailleurs logique que l’entreprise soit un lieu de conflits maîtrisés avec la coexistence de tant d’intérêts antagonistes.
C’est aussi le fait de donner l’exemple. Quand le manager fait acte d’exemplarité, les collaborateurs copient son comportement. S’il est fuyant, s’il évite les conversations, les explications, les questions, ils feront de même et cela va plomber l’ambiance dans l’entreprise. In fine, cela engendre une perte de confiance, le repli sur soi ou plus encore une expansion des rumeurs aux fâcheuses conséquences. C’est pourquoi des efforts de communication interne doivent être entretenus.

Chaque discussion avec un collaborateur est peut-être l’occasion de résoudre un  problème, de trouver une solution innovante qui aidera à aller plus loin.

Si l’entreprise est de grande taille, il faut penser à relayer l’information. Il est nécessaire que chacun occupe sa place dans le dispositif de communication. C’est le fait de donner aux relais clés en interne les moyens et les informations qui vont leur permettre de partager les objectifs.
Enfin, il faut redéfinir des objectifs raisonnables et concrets. Vaut mieux également les prévoir dans le court terme, quitte à en donner de nouveaux dans un laps de temps plus court. Fixer moins d’objectifs, les rendre atteignables permet de conserver un environnement de satisfaction et de confiance.