Commerce et distribution : 360 000 emplois à  pourvoir d’ici 2020

Les grandes lignes du plan de formation destiné au secteur du commerce et de la distribution sont rendues publiques. Des métiers de base comme boucher et vendeur à  ceux d’encadrement, le secteur a besoin de compétences à  tous les niveaux hiérarchiques.

Trois ministres, Abdelkader Amara de l’industrie, du commerce et des nouvelles technologies, Lahcen Daoudi de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres, et Abdelhouahed Souhail de l’emploi et de la formation professionnelle, ont présidé la journée d’information consacrée au Plan directeur de formation aux métiers du commerce et de la distribution organisée, mardi 22 mai, à Rabat, sous le thème : «La compétence au service d’un secteur créateur d’emplois». Ce plan, qui entre dans le cadre de la stratégie Rawaj, est un dispositif destiné à faire face aux exigences du secteur du commerce et de la distribution, en matière de compétences et de qualification des ressources humaines. Le secteur en question emploie plus de 1,3 million de personnes, soit environ 13% de la population active et génère autour de 11% du PIB.

Cependant, le problème est que l’offre en ressources humaines, aussi bien en termes de qualité que de quantité, n’est pas en mesure de répondre aux besoins du marché. C’est la raison pour laquelle Abdelkader Amara estime que «les 360 000 emplois qu’il est prévu de créer dans le secteur du commerce et de la distribution, d’ici 2020, conformément à la stratégie Rawaj, nécessitent une focalisation sur la formation en ressources humaines. Celle-ci devrait bénéficier, dans une large mesure, au commerce de proximité qui représente, à lui seul, plus de 70% de l’appareil national commercial».

Plus de 16 000 étudiants à préparer pour le management, le marketing et les achats

La préparation du plan s’est faite en trois phases. La première a porté sur l’étude sectorielle pour décrire et identifier les métiers du commerce et de la distribution. Cette étude a permis de définir les filiales de formation nécessaires pour répondre aux besoins de compétence du secteur. En second lieu, il a été réalisé une dizaine d’analyses de situation de travail (AST) sur les métiers qui ont été identifiés dans l’analyse sectorielle. S’en est suivie l’élaboration d’un répertoire des emplois/métiers (REM) et d’un référentiel emplois/compétences (REC) pour le secteur du commerce et de la distribution. Ces travaux préliminaires ont enfin permis de définir un dispositif de formation adapté aux défis et aux enjeux du secteur.

Pour la phase pratique, la stratégie est déclinée en quatre axes. Les concepteurs ont d’abord procédé à l’estimation de l’évolution des emplois du commerce et de la distribution, à l’horizon 2020. Ils sont estimés à 1,7 million contre environ 1, 3 million.
La formation initiale, deuxième axe, est définie sur la base de l’évaluation des besoins en main-d’œuvre par région et par métier, à l’horizon 2020. Elle comprend une offre de formation professionnelle pour près de 138 000 stagiaires, notamment dans les métiers de boucher, poissonnier, manager d’unité commerciale, vendeur ou commercial.

Cette formation initiale contient également une offre d’enseignement supérieur, pour environ 16 170 étudiants, entre autres dans les domaines du marketing, de l’achat et du management.
Le troisième axe a trait à la formation continue qui consiste en une offre de perfectionnement au profit des travailleurs en activité. Enfin, les commerçants de proximité bénéficieront d’un accompagnement pour la modernisation et la mise à niveau de leur réseau.

Les pouvoirs publics entendent aller plus loin en matière de formation professionnelle. A cet effet, Lahcen Daoudi a souligné  que la mise à niveau du potentiel humain est d’autant plus nécessaire que «le Maroc est destiné à être une base de production pour les sociétés étrangères, notamment celles qui sont actuellement en Chine et qui, en raison de l’accroissement du coût de la main-d’œuvre, pourraient délocaliser ailleurs leurs activités». Il y a donc du travail à faire.