Comment se ressourcer après le travail

Sport, musique, peinture sont autant de moyens de se revitaliser.

Quelle que soit la distraction que l’on préfère, l’important est de savoir déterminer les moments idoines pour s’aérer en écoutant son corps et son esprit.

Certains managers transforment leurs loisirs en une vraie activité.

«Il y a un rendez-vous que je ne peux rater pour rien au monde : mes séances de nanbudo à raison de deux  à trois fois par semaine. Il m’arrive même de partir en Espagne pour suivre des séminaires d’entraînement. Comment je m’y prends ? Tout simplement je le programme dans mon agenda tout comme je programmerais une visite clientèle. Vu le rythme infernal que nous menons, il m’est indispensable de me ressourcer dans les arts martiaux», explique Abdelali Fahim, DG de la société de services informatiques Intellia, président actuel du Centre des jeunes dirigeants (CJD) et… karatéka confirmé ! Il est cinquième dan de nanbudo depuis l’année dernière. Il est également  vice-président de la Fédération internationale de nanbudo depuis 2004. Cela ne l’empêche pas de gérer sa vie professionnelle tout à fait normalement.
Idem pour Meriem Bennani qui a un penchant pour le violon depuis son jeune âge et qui ne peut s’empêcher de suivre ses  séances de musique. «Après 19 heures, je change mon costume de cadre pour celui de musicienne. Je pratique le violon à raison de deux séances par semaine et jusqu’à maintenant je ne déroge pas à la règle», explique-t-elle.
A l’instar de ces managers, de plus en plus de cadres et cadres dirigeants s’adonnent à leur passion après le boulot, en semaine ou en week-end, en ville ou à l’extérieur, à domicile ou même au travail. Des cadres d’une grande entreprise de la place affirment même avoir entendu à maintes reprises leur patron jouer quelques airs de saxophone au bureau pendant la pause-déjeuner, à l’image de l’ancien président des Etats-Unis, Bill Clinton.
Plus près de nous, on sait que Karim Zaz, le patron de Wana, est un parachutiste confirmé, et qu’il pratique ce sport de manière assez assidue. Il est d’ailleurs membre du parachute club de Marrakech. Tarik Ibrahimi, DG de Comanav, s’éclate grâce au marathon et d’autres courses d’endurance. Quant à Jelloul Ayed, administrateur DG de BMCE Bank, il a montré ses talents de compositeur, en mettant l’épopée d’Hannibal en symphonie. Son œuvre, «Hannibal Barca», a d’ailleurs été interprétée le 19 février par l’Orchestre philharmonique du Maroc.

Concilier travail et passion va de pair pour certains
Payants ou pas, les moyens de s’évader sont nombreux. Beaucoup de managers optent aussi pour le tennis ou le golf, souvent pour pouvoir aussi parler affaires après un set ou quelques trous. Certes, le cadre est souvent agréable, mais il y en a qui ne veulent pour rien au monde mêler distraction et affaires dans un même cadre. C’est le cas de Abderrahmane Ouardane, pour qui la rupture doit être totale. «Quand on fait du sport ou une autre activité pour se refaire une santé, il faut y aller à fond. Il m’arrive de m’isoler des jours dans mon atelier pour peindre des toiles», dit-il.
Pour certains, concilier affaires et passion va de pair. Farid Bensaid, DG de Ténor Group, musicien violoniste, fondateur de l’Orchestre philharmonique du Maroc et de l’Ecole internationale de musique et de danse, en est une parfaite illustration. Toujours est-il que mener les deux activités de manière parallèle ne lui fait pas peur. «Une troupe musicale se gère aussi comme une entreprise. Elle a un budget et une programmation annuelle. Certes, une activité peut se faire au détriment de l’autre, mais elles sont toujours complémentaires. D’ailleurs, elles ont pour points communs la flexibilité, l’autonomie et la créativité», dit-il.

Le sport est le meilleur remède anti-stress
On ne le dira jamais assez, le sport est sans doute l’un des meilleurs remèdes anti-stress et qui, très souvent, ne coûte presque rien aux pratiquants. Si certains clubs sont très sélectifs, on pourra toujours se tourner vers les salles de remise en forme. Et pourquoi pas les randonnées ou le jogging ? «Je participe fréquemment aux randonnées. C’est un moment privilégié pour renouer avec le calme, la sérénité et surtout pour être loin de la pollution environnementale et sonore. Je trouve que nous vivons dans un milieu assez bruyant. Après un week-end sportif, on revient au bureau en pleine forme, aussi bien sur le plan physique que mental», souligne pour sa part Mohammed Benjelloun, auditeur dans un cabinet. Parfois cette passion le pousse à l’extrême. «Il arrive parfois qu’on organise des excursions sur le mont Toubkal. C’est éprouvant sur le plan physique, mais on en sort revitalisé», ajoute-t-il. D’ailleurs, il est admis que la pratique sportive en plein air est encore plus saine que dans les milieux fermés. Pour ceux qui ne veulent pas trop mettre à l’épreuve leur corps, il y a de nombreuses autres activités qui permettent de se ressourcer, d’oublier le quotidien du bureau. Le cinéma, la musique, la peinture, la sculpture ont de plus en plus d’adeptes et certains cadres en font souvent une seconde vie qui permet de faire le vide, et cela d’autant qu’on l’exerce sans contrainte. D’autres beaucoup moins entreprenants préfèrent le pub ou le bar du coin. «Pour déstresser, rien de tel qu’un bon coup dans un bar branché. Cela permet de parler d’autre chose, de faire des rencontres», explique un inconditionnel de la nuit.
Bref, quelles que soient les préférences, l’important est de savoir prendre du recul à temps pour soulager ses neurones. Mais, en dehors des hobbies, la famille demeure une source de revitalisation inépuisable.