Comment les écoles publiques d’ingénieurs font leur mue : Entretien avec Siham ALAOUI, Consultante chez Convergence Conseil

Les ingénieurs restent très demandés.

La Vie éco : Les profils d’ingénieur sont-ils toujours aussi recherchés ?
Siham Alaoui : Oui, ils le sont. Pratiquement toutes les structures sont aujourd’hui demandeuses de profils d’ingénieur, que ce soit en informatique, télécoms, génie mécanique ou autres. Je dirais même que la demande dépasse l’offre.
Mais bien entendu, je parle de profils dont le niveau est appréciable. Il s’agit dans ces cas-là de profils qui ont su développer plusieurs compétences et non pas uniquement les compétences techniques. Ceci ne veut pas non plus dire que ceux qui ne maîtrisent que la technicité n’ont pas leur place sur le marché mais surtout que ceux et celles qui sauront développer davantage de compétences (adaptation, relationnel, communication…) auront la possibilité de se distinguer et de se frayer une carrière plus prometteuse.
Il est incontestable d’admettre que le programme des écoles d’ingénieurs est souvent exhaustif, ce qui ne laisse pas forcément la place à l’étudiant de développer d’autres qualités pouvant être à la source d’une réussite fulgurante. En l’occurrence, une fois sur le marché du travail, je conseille vivement à cette population de s’inscrire dans des formations continues pouvant combler certaines vigilances qui risquent de ternir leur candidature.

On a souvent pointé du doigt ce problème, est-il récurrent ?

Tout à fait ! Les formations ne sont pas toujours adaptées aux besoins spécifiques des entreprises. Je crois en effet que la corrélation entre formation et exigences du marché est relativement faible dans certains domaines, mais la capacité d’adaptabilité des ingénieurs couplée aux efforts qui doivent être déployés par les entreprises en formation et coaching sont à même de combler ce besoin. En effet, ce dernier point est extrêmement important et le rôle de l’entreprise dans la formation de ses employés sur les besoins spécifiques de cette dernière est crucial. La raison est que les compétences techniques dont bénéficient les ingénieurs, à elles seules, ne sont pas suffisantes pour en faire des leaders.

En fonction de ces précisions que vous avez apportées, quels sont les profils les plus recherchés ?
Je dirais que les ingénieurs les plus sollicités sont avant tout des profils expérimentés. On nous demande beaucoup de profils dans l’informatique, type directeur de système d’information, chef de projet informatique…Les ingénieurs dans le domaine du  génie civil, qualité et mécanique sont également très prisés actuellement.
Pour ce qui est des profils émergents, il est vrai que le marché connaît le développement de quelques formations spécifiques du type supply chain management, management, stratégie et planification. Cela dit, il y a beaucoup d’ingénieurs qui se veulent de plus en plus généralistes, capables de s’adapter à toutes les situations sans se confiner dans une spécialité particulière. La preuve en est que dans beaucoup d’entreprises, nous trouvons de nos jours des ingénieurs dans des domaines aussi variés que le marketing, les ressources humaines, le commercial et autres…
D’autre part, depuis quelques années, de nouveaux profils intéressent les entreprises, notamment dans le domaine des BTP. Par exemple, on a du mal à trouver des ingénieurs climatisation.

Qu’observez-vous au niveau des salaires ?

Les salaires ne sont pas homogènes sur le marché de l’emploi. Un débutant moyen peut commencer à 5 000 DH dans une PME alors qu’un bon profil peut commencer entre 8 000 et 12 000 DH. Il n’y a pas de règle. C’est selon la structure et le profil du candidat.