Comment les écoles publiques d’ingénieurs font leur mue : Entretien avec Omar DEBBAJ, Directeur de l’ENIM

Mécatronique, plasturgie, énergies renouvelables…, l’Enim tente d’adapter son cursus aux besoins du moment.

Omar Debbaj, directeur de l’Ecole nationale de l’industrie minérale (Enim), parle de l’évolution de cette école et de ses objectifs.

La traditionnelle compétition entre écoles d’ingénieurs s’est particulièrement accentuée ces dernières années. Comment l’Enim se positionne-t-elle par rapport à tout cela ?
Depuis l’annonce de la politique des 10 000 ingénieurs par an, les écoles d’ingénieurs ont beaucoup évolué, chacune essayant d’attirer le plus grand nombre de candidats. En ce qui nous concerne, nous avons mis en place de nouvelles options en fin de cursus pour répondre aux besoins des entreprises. Il s’agit notamment de l’option «mécanique développement», lancée en collaboration avec l’Institut national des sciences appliquées de Lyon (INSA) ainsi que l’option «énergie développement durable». D’autres options sont en projet comme la mécatronique ou la plasturgie. Nous avons également multiplié les partenariats avec les écoles étrangères notamment françaises.

Et le management ?
Les cursus intègrent de plus en plus des disciplines de management, marketing, finance, ressources humaines…, sans dépasser un quota horaire de 10% conformément au cahier des normes nationales pédagogiques. Cela permet aux étudiants d’acquérir de nouvelles compétences autres que techniques.

Quelles sont les filières les plus prisées ?

Il faut savoir que les tendances changent en fonction des perspectives du marché. La filière informatique avait fait les beaux jours, il y a quelques années. Elle est toujours plébiscitée par les étudiants mais, en parallèle, l’électro-mécanique et le génie industriel marchent de plus en plus ces derniers temps. Il en est de même pour le génie civil que nous n’avons malheureusement pas dans notre cursus.

Comptez-vous accroître votre capacité d’accueil ?
Nous sommes passés de 140 lauréats à 250 actuellement. En 2012, nous aurons à peu près 280 lauréats formés. Sur le marché de l’emploi, le taux d’insertion est  pratiquement de 100%. Nos lauréats sont dans l’industrie, les finances et de plus en plus dans les services notamment les banques et assurances. Autrefois, l’administration était le plus gros recruteur. Aujourd’hui, cela tourne autour de à peine 10%.