Comment ils s’y prennent pour minimiser les risques

Zouhair B.
Cadre dans un laboratoire pharmaceutique
«La force d’un manager, c’est aussi d’être sûr de lui»
«Que ce soit pour soi-même ou pour des raisons professionnelles, on est toujours appelé à prendre des décisions. C’est inhérent à la vie. Cependant, il convient de faire la part des choses. C’est-à-dire de s’interroger sur le genre de décisions qui peuvent avoir des répercussions (positives ou négatives) très marquées. Si je me limite au niveau professionnel, je dirai qu’il m’est impossible, comme à mon patron, de faire cavalier seul sur les grandes décisions stratégiques. Nous travaillons en équipe et notre mode de fonctionnement est tel que tout ce qui a trait au développement de l’entreprise est discuté, formalisé avant d’être mis à exécution. Toutefois, mes responsabilités m’imposent parfois de trancher sur des dossiers relevant de l’opérationnel. Evidemment, je discute parfois avec des collaborateurs et mon patron. Mais je prends mes responsabilités quand il le faut, en fonction des informations dont je dispose. J’estime que, parfois, à force de vouloir en référer aux autres, on risque de perdre confiance, alors que la force d’un manager c’est également d’être sûr de lui.»

Salim A.
Directeur dans une société de services
«Je prends une décision incomplète, le temps de calmer les esprits»
«Il n’est pas toujours facile de prendre la bonne décision. Quand vous avez un tas de dossiers sur les bras et qu’un problème urgent surgit, vous êtes souvent obligé de décider au jugé. Souvent, l’urgence prend le pas sur l’information et, quand il s’agit de faire un choix rapidement, je n’ai pas tous les éléments en main, d’une part, et j’ai la pression de l’équipe ou des partenaires, d’autre part. J’essaie donc, dans la mesure du possible, de temporiser en prenant une décision «incomplète» le temps de calmer les esprits, en attendant de me libérer. Cela ne réussit pas à tous les coups.

Mohammed Yousfi
DG de La Marocaine de Management
«Les décisions d’ordre stratégique sont collégiales»
«Trouver des difficultés dans la prise de décision ? Tout dépend de sa nature. En réalité, je distingue deux sortes de décisions à prendre. La première est d’ordre stratégique, qui engage la société. Là, je prends du recul pour trancher en faisant intervenir tous mes collaborateurs. La dernière prise de décision concerne le développement de notre expertise à l’international. Suite à un appel d’offres international, il fallait peser le pour et le contre de l’opportunité, trouver les bonnes compétences pour répondre à cette demande, s’occuper de la partie administrative… Il fallait réaliser un travail de qualité en tenant compte de l’image de notre société aussi bien que celle de notre pays. C’était une décision collégiale, qui nous a pris pratiquement un mois.
Il y a, bien évidemment, les autres décisions «classiques» et qui concernent la gestion courante. On peut citer le choix des partenaires. Je peux parfois prendre seul les décisions tout en consultant mes proches assistants.»

Marouane Bentalha
Responsable commercial et marketing
«Je m’entoure de précautions quand il s’agit de décision stratégique»
«La prise de décision dépend d’un élément important: le temps. Plus vous anticipez les solutions, plus vous gagnez du temps. Je prévois toujours un plan de secours au cas où le plan initial ne fonctionnerait pas. Des décisions, j’en prends tous les jours, même si elles sont minimes. Elles relèvent de la fonction et font rarement l’objet d’une consultation auprès d’un supérieur ou d’un collègue.
Toutefois, quand il s’agit de décision stratégique concernant par exemple les résultats d’une étude de marché ou l’évolution d’un secteur donné, je préfère m’entourer de précautions. La meilleure manière est d’impliquer mes proches collègues, ne serait-ce que de manière informelle (autour de la machine de café…) pour avoir un feed-back. Cette manière de faire facilite aussi la circulation de l’information.»

Abdellah El Mokhtari
Directeur informatique
«Le choix est plus facile lorsque vous avez affaire à des facteurs mesurables»
«Prendre une décision n’est pas toujours aisé car il faut mesurer son impact. Le choix est plus facile lorsque vous avez affaire à des facteurs mesurables. En revanche, quand vous manquez de visibilité, il faut prendre du recul. Par exemple, si un projet est abandonné ou un contrat perdu, les implications sociales peuvent être importantes. Dans ce cas, les décisions sont difficiles à prendre ; il faut donc du temps pour les mûrir. Là aussi, je pense que le style de management est déterminant. Quand vous avez affaire à un management participatif, vous n’êtes plus seul à prendre des décisions. Chacun apporte son point de vue.»

Khalid M.
Cadre dans un groupe immobilier
«J’en réfère à mon patron pour les décisions importantes»
«Je n’outrepasse jamais mes attributions. J’ai plein pouvoir sur beaucoup de choses (organisation des tâches pour le personnel, recrutement, paie et autres affaires administratives), mais quand il s’agit d’opérations financières importantes, je préfère consulter mon supérieur direct. Sinon, quand il s’agit de régler un problème courant, je prends quelques instants de réflexion, le temps de trouver une issue de secours. Si je tombe en panne d’idées, je sollicite l’avis de mes proches collaborateurs. Leurs suggestions sont souvent pertinentes.»