Comment ils protègent leur espace

Karim Yazidi Cadre commercial
«Si vous avez un comportement irréprochable, les autres sont obligés de vous suivre»
«Je n’aime pas que l’on me marche sur les pieds. Je gère les collaborateurs selon leur caractère, leur tempérament et même selon le contexte. On sait que, dans les moments difficiles, les gens sont plus agressifs et peuvent s’emporter à tout moment. Pour cela, je prends toujours du recul pour prendre sagement la décision qu’il faut en cas de problème. S’il est superficiel, une bonne mise au point suffit. Toujours est-il qu’il faut se montrer intraitable et rappeler les règles. Avec les collègues, j’essaie de faire abstraction de certaines choses. Mais quand je note un mauvais comportement comme la mesquinerie ou encore la jalousie, je limite strictement les relations, tant que je le peux. Je respecte tout le monde et je veux me faire respecter. Par exemple, je refuse qu’on m’importune quand je reçois un collaborateur, une personne étrangère à l’entreprise ou lorsque je parle au téléphone. Si vous avez un comportement irréprochable, les autres sont obligés de vous suivre.»

Ahmed Faraj Cadre administratif
«Je reste très prudent sur le plan relationnel»
«Chacun a son jardin secret aussi bien dans la vie privée que professionnelle. Je n’empiète pas sur le terrain des autres et j’exige par conséquent qu’on fasse de même avec moi. De nature, je suis très minutieux et organisé aussi bien chez moi qu’au boulot. Je n’aime pas, par exemple, qu’on touche à mes affaires personnelles. Je peux autoriser qu’on travaille dans mon bureau, sans pour autant fouiner dans mes affaires. Sur le plan relationnel, je reste très prudent. Une personne que vous jugez agressive ou inadaptée peut ne pas l’être dans un autre contexte. Pour cela, il faut mettre à plat les problèmes en exprimant ce qu’on a sur le cœur, surtout pour arriver de manière consensuelle à des actions ou à des valeurs communes basées sur l’écoute, l’estime de soi, la possibilité de se développer en commun et l’amélioration des rapports et des conditions de travail.»

Hicham Benslimane Banquier
«Je n’accepte pas que l’on s’immisce dans mes dossiers»
«Bien que réservé, je suis de nature très serviable. Je n’hésite pas à donner un coup de main aux collègues, quand ils en ont besoin, que ce soit pour le travail ou pour des problèmes personnels. Mais, comme c’est souvent le cas dans tout groupe, il y a des personnes qui confondent gentillesse et crédulité. C’est la raison pour laquelle j’ai tenté et réussi, sans créer un conflit ouvert, à limiter mes relations avec ceux qui voulaient en faire trop. La démarche est toute simple : refuser clairement une requête en expliquant honnêtement pourquoi. Ceux qui ont compris ont fini par revenir à des relations plus équilibrées. Je pense que, sur le plan personnel, le respect des autres est le meilleur moyen de préserver sa personnalité.
Du point de vue professionnel, il y a aussi des champs de compétences à préserver. Je n’accepterais pas, et je le fais savoir si besoin est, que quelqu’un s’immisce dans un dossier dont j’ai la responsabilité, même si je crois fermement que toutes les critiques constructives sont les bienvenues. On a beau coopérer, mais au moment du bilan, on évalue toujours une personne avant de s’attarder sur le groupe.

Aziz Jallili Chef de projet informatique
«Je préfère jouer la carte de la cohésion»
«Je ne suis pas comme l’ours qui marque son territoire à chaque arbre. Je trouve que cette situation est purement individualiste. Ce genre de comportements existe généralement dans les structures qui encouragent l’individualisme ou au sein de certains métiers.
On le voit notamment chez les commerciaux où tous les moyens sont bons pour protéger son territoire. Je préfère jouer la carte de la transparence et de la cohésion d’équipe. Sur le plan travail, je partage continuellement l’information avec les autres parce que c’est primordial. En revanche, sur le plan relationnel, je préfère ne pas être importuné dans les situations critiques. Je le dis clairement quand l’occasion se présente. C’est aux autres de me comprendre.»