Comment gérer les collaborateurs difficiles

Les problèmes comportementaux qui peuvent aller jusqu’aux pathologies psychiques seraient en augmentation, selon l’Organisation mondiale de la santé. Les espaces d’écoute sont un moyen pour prévenir les débordements.

Que fait-on quand on cohabite avec un collègue dépressif qui vous mène la vie dure, un paranoïaque qui est toujours en état d’alerte, un râleur qui sème la zizanie ou une hystérique qui se met dans un rôle de théâtralisation en dramatisant toutes les situations ? Des personnalités excessives, nous les côtoyons régulièrement dans et en dehors du bureau. Le plus préoccupant dans l’affaire c’est que ces problèmes comportementaux, qui peuvent aller jusqu’aux pathologies psychiques, seraient en augmentation, selon l’Organisation mondiale de la santé. En 2020, elles devraient devenir le premier facteur de morbidité dans les pays industrialisés, dépassant ainsi les maladies cardiovasculaires. Bien évidemment, les rapports brutaux au sein de l’entreprise qui sont de moins en moins «humains» seraient la première cause.
Selon Ghita Mseffer, psychologue d’entreprise, «l’élément déclencheur de ces problèmes comportementaux peut être d’origine personnelle ou professionnelle, affective ou relationnelle». Face à l’ampleur du phénomène, il faudra pourtant que les entreprises se prennent en charge. Le peu qu’elles fassent, c’est quand elles organisent des enquêtes de climat social pour justement sonder le moral des effectifs. Mais combien d’entre-elles se servent des résultats pour mener des actions? Très peu.
Face aux mauvais comportements qui peuvent aller jusqu’à des troubles de la personnalité, il faut de la souplesse. Youness Bellatif, DG du cabinet Convergence, préconise de «mettre en place des espaces d’écoute qui constituent par la même occasion une sorte de soupape pour ne pas accentuer les dérives».
Bien évidemment, certains sont allés jusqu’à mettre en place des tests de personnalité pour comprendre les modes de comportement de chacun dans les organisations et analyser ainsi les dimensions de la nature humaine.
Le constat peut se faire aussi lors d’une réunion de groupe où le manager peut avoir l’impression que, à des degrés divers, les introvertis ne sont pas «dans le coup» et que les extravertis sont trop bavards sans rien dire de concret.
Tout en s’assurant de la bonne distribution de la prise de parole et faire en sorte que chacun puisse exprimer sa valeur ajoutée tout en respectant, voire en rebondissant sur le point de vue des autres, chaque manager peut ainsi faire en sorte que cela devienne une recherche continuelle et enthousiasmante de l’intelligence collective.