Comment faire face à  la rumeur : Avis de Karim El Ibrahimi, DG du cabinet RMS

Toute rumeur doit être prise au sérieux

Généralement, les bruits de couloir peuvent aussi bien venir de l’intérieur que de l’extérieur. Très souvent, ce sont les situations de crise qui alimentent les rumeurs : réduction des  charges et des budgets, licenciements…. Elles créent un sentiment d’insécurité, surtout quand l’entreprise ne communique pas dans l’immédiat. La rumeur part généralement d’un élément d’information mal transmis. Elle fait l’objet d’interprétations et de transformations variables, qui vont, viennent et s’amplifient.

J’en ai fait l’expérience, il y a deux ans. Suite à une «mini-crise» que nous avons vécue en 2012, j’avais eu une discussion avec le directeur financier sur une éventuelle suppression des primes annuelles. Il s’agissait uniquement d’une réflexion et non d’une décision définitive. Le bruit a vite fait le tour de l’entreprise et a fini par créer un malaise chez les collaborateurs. J’avais décidé alors de couper court à ces rumeurs en maintenant les primes, finalement versées à la veille d’une fête religieuse. Le calme s’est vite rétabli depuis.

J’ai également vécu une autre situation malveillante de l’extérieur cette fois. La rumeur en question s’agissait au fait de la faillite de mon entreprise. J’étais bien évidemment surpris par cette nouvelle rocambolesque. Dans les faits, il s’agissait d’une rumeur inventée de toutes pièces par l’un des anciens collaborateurs qui avait démissionné à l’époque, et, pour accaparer nos clients, n’hésitait pas à faire circuler de fausses informations sur la santé financière de notre boîte.
C’est pourquoi je pense qu’il faut agir vite. Il faut quand même prendre les précautions nécessaires en réfléchissant à quelques éléments : Quel est l’impact d’une non-réponse ? Comment la relayer et sous quelle forme ? De quels arguments disposons-nous pour contrecarrer la rumeur ? Enfin, il est important, lorsque l’on répond à une rumeur, d’être transparent, de dire la vérité… J’ai toujours cette devise: toute rumeur doit être prise au sérieux. Je pense qu’il faut en effet chaque fois contrer la rumeur, mettre en place un système de réponse, une gestion de communication de crise, comme le font généralement les entreprises organisées qui s’attachent à expliquer, convaincre… Le seul moyen de contrecarrer les fausses informations, c’est d’apporter des preuves (être factuel) et surtout améliorer la communication.

Mais il faut toujours avoir à l’esprit qu’il est plus facile de prévenir que de guérir.