Comment cultiver la confiance en soi

Autant que le stress, le manque de confiance en soi touche de plus en plus les managers, cadres et employés.
La peur de l’échec combinée à une succession de critiques peut entraîner la descente aux enfers.
L’autocritique et la connaissance de soi restent le meilleur moyen de s’en sortir.

Loin des turbulences du centre-ville, dans un centre de formation high-tech une dizaine de cadres, d’horizons divers, écoutent religieusement un animateur. Ensuite, un ingénieur informaticien vient simuler une réunion de travail avec son comité de direction concernant la mise en application du nouveau système d’information. Plus tard, suivront d’autres présentations, celle du chef des ventes chargé de doper une équipe de commerciaux, du responsable marketing qui doit apprendre à répondre aux critiques des clients… L’un après l’autre, ils se mettent en scène devant la caméra.
Des telles scènes sont devenues courantes, elles ont pour objectif de renforcer la confiance en soi, un des multiples volets de ce que les spécialistes en ressources humaines appellent aujourd’hui le développement personnel. D’ailleurs, nombreux sont les cabinets de formation qui commencent à proposer le thème dans leur catalogue.
A qui s’adresse ce genre de formation ? Managers, cadres, employés, hommes ou femmes qui ont connu un passage à vide, d’autres qui ont perdu confiance en eux à force d’essuyer des échecs ou tout simplement des personnes qui veulent se sentir plus à l’aise.
«Face à un environnement de plus en plus agressif, les cadres finissent par s’user. Or, le capital confiance doit être constamment entretenu pour éviter de perdre ses repères», explique Françoise Gaigné-Guiraudie, directrice du développement chez Optimum Conseil-Groupe BPI. Selon elle, le mal s’est accentué ces dernières années, au même rythme que le stress. D’ailleurs, beaucoup d’auteurs se sont penchés sur le phénomène pour comprendre les mécanismes et donner des solutions.
La nature de l’éducation reçue, l’environnement professionnel, les différentes épreuves ou réussites… Tous ces éléments renforcent ou inhibent la confiance en soi.
Amina, 42 ans, cadre bancaire, a longtemps connu des déboires dans sa vie professionnelle mais aussi familiale. Au cours d’un stage de PNL (programmation neurolinguistique) effectué à l’étranger, elle est arrivée à prendre conscience de ses problèmes. «La moindre remarque me faisait douter de mes capacités. Par moment, je frôlais la dépression. Le séminaire m’a permis de mieux me connaître et surtout de mieux accepter mes défauts», affirme-t-elle. Pour sa part, Mohamed M., DRH dans un office public, a tiré quelques leçons de conduite après un séminaire sur l’estime de soi. «Les exercices de présentation devant un auditoire m’ont permis de gagner en assurance, moi qui suis timide de nature. J’ai réalisé qu’il me manquait de l’ entraînement à l’oral», dit-il.

Les formations servent d’abord à identifier les points faibles à corriger
Si ces formations ont été de bon augure pour certains participants, il reste qu’il ne faut pas en espérer des miracles. «L’intérêt de ces stages est avant tout d’avoir des repères sur les points à travailler. Ce n’est pas deux ou trois jours enfermés dans une salle qui vont permettre de guérir ses maux», souligne Françoise Gaigné-Guiraudie.
Il faut rappeler que la première étape sur le chemin de la confiance en soi, c’est d’apprendre à mieux se connaître, à découvrir qui l’on est vraiment. Il faut prendre le temps de se demander, en toute lucidité, quelles sont ses propres qualités et ses défauts ? De faire le bilan de ses réussites et de ses échecs, de s’interroger sur ses valeurs fondamentales… Pour la responsable RH, «l’envie personnelle reste le meilleur gage de réussite pour renforcer la confiance».
A l’évidence, si pour certains, la confiance en soi s’acquiert dès le jeune âge, il faut savoir aussi qu’elle s’entretient ou s’acquiert avec le temps.
Dans tous les cas, estiment les professionnels, quand on se trouve dans une situation pareille, il faut commencer par prendre du recul. «Un cadre qui manque de confiance en lui a souvent une vision peu claire de la stratégie de son entreprise. Le simple fait de le lui expliquer peut lui redonner le moral», note un DRH. Interrogez-vous sur vous-même. Savez-vous où vous allez? Avez-vous l’impression de satisfaire vos aspirations profondes ? «Fixez-vous des objectifs ambitieux, certes, mais réalistes», indique Mme Gaigné-Guiraudie. Un tel engagement renforce la confiance. «Demander assistance auprès de son entourage permet aussi de la renforcer», poursuit-elle.
Ensuite, il faut savoir accepter l’échec. Souvent, il est source d’apprentissage. Demandez-vous plutôt : en quoi ai-je contribué à ce mauvais résultat ? Tout comme les champions qui passent au crible la vidéo d’un match, analysez la situation. Ensuite, réfléchissez à ce que vous pouvez faire pour résoudre le problème. Dans certaines entreprises locales, le droit à l’erreur est carrément mentionné dans la charte des valeurs.
La crainte des autres est aussi un facteur important qui nourrit le manque de confiance en soi. Tel est le cas pour Habiba, assistante de direction. «Nous vivons en permanence avec un sentiment d’infériorité. Je passe mon temps à cacher mes défauts. Même dans les réunions, je prends rarement la parole par crainte des moqueries des autres». Dès lors, il faut cesser de croire que les autres sont des adversaires redoutables. Ils font des erreurs autant que vous ou même plus. Apprenez donc à les connaître, à décrypter leurs sentiments en aiguisant votre sens de l’observation

Il faut se prévaloir du droit à l’erreur pour prendre des initiatives sans avoir peur de se tromper, et ne pas hésiter à demander assistance auprès de son entourage.

L’assurance s’acquiert souvent dès l’enfance mais elle peut aussi s’acquérir plus tard, avec le temps. Pour l’entretenir ? simple question d’entraînement.