Comment affronter le blues du lundi

Simple angoisse ou réel malaise ? Les sentiments diffèrent selon les personnes.
Il est préférable de travailler une heure de plus en fin de semaine et partir l’esprit tranquille.
Dès vendredi, il faut préparer un premier planning de la semaine.

Chaque dimanche, l’ambiance est la même pour beaucoup de personnes actives. Au fur et à mesure que s’écoule la journée, la mélancolie prend le pas sur la joie de vivre du vendredi soir et du samedi. Et la cause n’est autre que la phobie du lundi, synonyme du début d’une nouvelle semaine de travail et tout le stress qui va avec. Certains ont du mal à se lever, sont de très mauvaise humeur une fois dehors et peuvent se montrer très irritables voire agressifs pour des raisons futiles.
Selon le psychosociologue Mohsine Benzakour, «broyer du noir le lundi est intimement lié à la perception que l’on a des jours qui s’annoncent. On anticipe les difficultés à venir, les longues journées, les réunions, les clients difficiles, la pression de la hiérarchie…, avant même que tout cela ne se produise». Khalid Derouan, directeur administratif et financier dans un groupe industriel, confirme : «Cette crainte est souvent liée à la peur d’être emporté dans le rythme effréné de la semaine». Et de poursuivre : «Le début de semaine est généralement consacré aux instances de la semaine précédente mais aussi à la réunion du comité de direction. Pas question de manquer ça».
Parmi les autres facteurs qui amplifient ce syndrôme du lundi, figurent les imprévus, c’est-à-dire des situations nouvelles auxquelles il faut vite faire face et s’adapter immédiatement. «Parfois, on reçoit une commande le vendredi qu’il faut satisfaire. Du coup, les week-ends y passent», précise Mohamed Charkaoui, DG d’une entreprise de plasturgie. En d’autres termes, il est presque impossible de prendre du recul mentalement d’où une accumulation de fatigue qui entraîne le découragement dès qu’il s’agit de reprendre le chemin du  bureau.
Ceci dit, ce syndrome n’est pas seulement le fait d’une surcharge de travail ou d’une course contre la montre.
En général, un tel sentiment remonte à l’enfance et à la vie scolaire. Rien que le fait de retrouver un instituteur ou un professeur tyrannique annihile toute envie de retourner à l’école après une ou deux jours.
Pour en revenir à l’entreprise, l’angoisse du lundi est aussi générée par un malaise plus profond lié à un mal-être au sein de l’entreprise. «Il peut s’agir de problèmes de communication au sein de l’entreprise, un style de management défaillant, des conflits latents qui interviennent entre collègues ou des partenaires externes, l’isolement, le désintérêt professionnel, divers facteurs événementiels comme des réunions, la prise de parole…et donc un malaise plus profond», souligne M. Benzakour. «Quel que soit le poste que la personne occupe, chacun peut être touché», poursuit-il. Il faut pourtant savoir dédramatiser les situations compliquées. Mais, si ces problèmes persistent, mieux vaut en parler ouvertement à ses supérieurs hiérarchiques. Car si rien n’est fait, le problème peut ne plus se limiter au seul lundi.  
Pour le reste, une des meilleures attitudes à prendre pour aborder le lundi et la nouvelle semaine qui s’annonce en toute sérénité c’est de considérer qu’il s’agit d’un jour comme tous les autres.

Faire la différence entre les problèmes compliqués et les petits tracas du quotidien

Comment y parvenir ? La règle numéro un consiste à partir le vendredi en ayant liquidé les dossiers en cours pour ne pas se retrouver le lundi avec des tâches urgentes et délicates. Mieux vaut travailler quelques heures de plus en fin de semaine et partir l’esprit tranquille et avec le sentiment du devoir accompli. Les spécialistes des ressources humaines recommandent généralement d’adopter les «to-do listes». En énumérant les tâches à faire, on peut ainsi dégager les priorités de la semaine suivante.
Il est également conseillé de répartir les activités de la semaine de façon à pouvoir consacrer le lundi à des dossiers moins lourds. «Je me réserve un seul rendez-vous pour le lundi, surtout l’après-midi pour ne pas cumuler l’anxiété. Cela me permet aussi de planifier les autres rendez-vous sur la semaine», confie une directrice commerciale.
Un lundi matin peut être aussi un bon moment pour se remotiver. Parfois, il est nécessaire de rechercher une issue dans le travail d’équipe. Un avis ou une suggestion externe peut toujours être salutaire. «Echanger avec ses collaborateurs en début de semaine permet aussi de débloquer certaines situations», conseille M. Derouan.
En faisant la différence entre les problèmes compliqués et les petits tracas du quotidien et en étant optimiste, on diminue ainsi l’emprise du syndrôme du lundi matin sur son esprit.
Avant tout cela, il est important de retenir que week-end rime avec plaisir. Certes, il est utile pour les courses et les rencontres familiales, mais on peut aussi prévoir des activités distractives, du sport ou une activité artistique pour se ressourcer. C’est aussi une façon de rester à l’écoute de son corps et être capable de détecter les signes du stress. Une bonne hygiène de vie ne peut aussi faire que du bien. Par ailleurs, un vieil adage qui dit que le rire est le meilleur des remèdes n’a pas pris de ride. Une bonne dose d’humour est la plus simple des manières pour diminuer le blues. Après tout, l’angoisse du lundi ne tient qu’à des considérations psychologiques. On peut s’en sortir seul, si on arrive à rester soi-même, à relativiser les problèmes mineurs et à rester positif.

A lire aussi :

Comment affronter le syndrome du lundi : Avis de Mohssine Benzakour, Psychosociologue.

Comment affronter le syndrome du lundi : Avis de Khalid Derouan, Directeur administratif et financier dans un groupe industriel.

Comment affronter le syndrome du lundi : Témoignages.