Comme un leader d’entreprise un arbitre doit faire accepter sa décision

Bouchaib Elahrach, Arbitre international de football.

Le métier d’arbitre est un métier très éprouvant sur le plan psychologique. Cela s’explique en partie par la charge de responsabilité et la pression qu’on est amené à supporter sur le terrain. En dehors des joueurs, il revient à l’arbitre de gérer également ses assistants, le staff technique des équipes et surtout les spectateurs. Sans compter la pression médiatique quand il s’agit d’un match important. La patience et le sang-froid sont donc deux qualités de rigueur pour bien conduire son match. Car en dehors des qualités physiques qu’on doit avoir pour exercer ce métier, il faut des qualités humaines. Et c’est là qu’on reconnaît un bon arbitre. C’est celui qui, dès le premier coup de sifflet, et même quelques minutes après le dernier, arrive à maîtriser et orchestrer tout ce monde. Cela veut dire qu’une préparation psychologique est essentielle : il faut faire le vide et garder en tête les lois du jeu. Il faut dormir ses heures de sommeil, avoir une bonne nutrition, suivre ses entraînements et surtout rester concentré.

Comme un leader d’entreprise, l’arbitre est amené à prendre des décisions très rapidement et faire face à des changements d’environnement. Les protestations des joueurs et le hourvari des supporters sont autant d’éléments qui peuvent perturber un arbitre, plus spécialement dans le contexte marocain. A ce moment, seul l’arbitre est juge et il doit faire accepter sa décision tout en sachant faire régner le respect. Même en cas d’erreur, inévitable puisque humaine, il faut revenir très vite à l’état normal pour que cette erreur ne compromette pas toutes les autres décisions. En somme, il faut maîtriser ses émotions.
Outre la connaissance des règles du jeu, l’arbitre doit aussi avoir le sens de l’écoute, savoir dialoguer, respecter les joueurs et, parfois, établir des relations personnelles avec certains joueurs, notamment les leaders, tout en gardant ses distances par rapport au contexte et en évitant tout laxisme. Par exemple, dans un fait de jeu qui entraîne une protestation, on peut appeler par son nom -en usant de Monsieur X- un joueur connu et respectueux pour lui expliquer les règles et le pourquoi de la décision en vue de ramener le calme sur le terrain.
Autre qualité importante, l’arbitre doit garder son sang-froid en toute circonstance, prendre de la hauteur par rapport aux autres acteurs.
Bien sûr, un arbitre n’est respecté que s’il est impartial.